1. Accueil
  2. Culture
  3. Culture générale
  4. D’où vient l’expression "bayer aux corneilles" ?
2 min de lecture

D’où vient l’expression "bayer aux corneilles" ?

Non, il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre, on n’écrit pas "bailler aux corneilles", mais "bayer". Mais pourquoi donc ? C’est une longue histoire...

Une corneille.
Une corneille.
Crédit : Wikimedia commons
Questions au saut du lit du 08 mai 2021
03:46
Jean-Baptiste Giraud
Journaliste

D’où vient l’expression "bayer" et non pas "bailler" aux corneilles ? Trois explications, une seule est la bonne : 


Réponse 1) Sous l’Ancien Régime, chasser était un privilège réservé aux aristocrates. Attraper un lièvre sans autorisation, c’était le bâton, un cerf, c’était la prison. Mais les corneilles, on pouvait les chasser parce que sans intérêt gustatif et gastronomique : bayer aux corneilles, c’est donc chasser quelque chose sans intérêt. 

Réponse 2) On ne baille pas aux corneilles, du verbe bailler avec un Î et deux L mais on baYe avec un Y. Bayer avec un Y signifie s’étonner. Et on s’étonne de quoi ? d’animaux sans intérêt : les fameuses corneilles... Bayer aux corneilles n’a donc rien à voir avec le manque de sommeil.

Réponse 3) Le Corneille était le nom d’un théâtre parisien au début du XXe siècle, où l’on  jouait des pièces un brin rébarbatives... Bailler au Corneille, c’était donc aller voir une pièce de théâtre barbante !

Bayer aux corneilles n'a rien à voir avec le sommeil

À lire aussi

La bonne réponse est la réponse 2 !

Oui, cette expression a bien été dévoyée à cause de la proximité entre le verbe baîller et le verbe bayer. Rien à voir donc avec le manque de sommeil. Bayer aux corneilles, c’est flâner, être distrait, mais aussi trainasser, ne rien faire... Quelqu’un qui "baye aux corneilles", c’est un oisif, parfois même un bon à rien.

Donc, quand on dit à quelqu’un qui baille à s’en décrocher la mâchoire qu’il "baille aux corneilles", on fait fausse route. C’est relativement banal, dans la langue française, de prendre une expression pour une autre, ou de lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit.
Prenez par exemple, faire long feu, et ne pas faire long feu : deux expressions très proches, mais dont les sens sont bien différents : 

Faire long feu, c’est rater, échouer. Cela vient de la mèche d’un mousquet, d’un canon, qui au lieu d’allumer la poudre et permettre donc, de tirer, va s’éteindre. Elle "fait long feu".

Et que signifie alors "ne pas faire long feu ?" Rien à voir avec la mèche qui se consume mal. Ne pas faire long feu, c’est ne pas durer.  Un joueur de foot qui sort après dix minutes de jeu "ne fait pas long feu" sur le terrain. Tout comme un feu de paille : il brûle vite et bien, mais ne brûle pas longtemps... 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/