3 min de lecture Oscars

Oscars 2016 : pourquoi Sylvester Stallone a une vraie chance de remporter la statuette

ÉCLAIRAGE - L'Oscar du meilleur acteur lui avait échappé en 1977 pour "Rocky". Presque 40 ans plus tard, de retour sur le ring, l'acteur de 69 ans tient sa revanche avec "Creed".

>
CREED - Bande Annonce Officielle 3 (VF) - Michael B. Jordan / Sylvester Stallone Crédit Image : Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. and Warner Bros. Entertainment Inc. |
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

Sylvester Stallone a été le premier surpris par le succès de Creed. Depuis quelques semaines, l'étalon italien ne quitte plus son smoking. Il a reçu le Golden Globe du meilleur second rôle et une standing ovation lorsqu'il est monté sur scène chercher son prix aux Critics' Choice awards. Dernière récompense en date : le prix Montecito, qui salue la carrière d'un artiste, au Santa Barbara Film Festival, aux États-Unis. Autant de tickets pour l'Oscar. Il ne lui manque donc plus qu'à obtenir la la célèbre statuette dorée, le 28 février prochain. Pour de nombreux fans, Sly (son affectueux surnom) aurait dû recevoir l'oscar il y a 40 ans pour son personnage de Rocky Balboa qu'il endosse magistralement une nouvelle fois dans Creed. L'académie des arts et techniques du cinéma, cette fois, ne devrait pas ignorer le comédien de 69 ans qui concoure dans la catégorie meilleur second rôle. 

C'est l'histoire d'une lente résurrection comme les votants des Oscars les aiment. Le public a découvert le jeune acteur au physique ténébreux dans Rocky, pur symbole du rêve américain où un boxeur de seconde zone, paumé et fauché, retrouve un sens à sa vie en disputant les championnats du monde de boxe. Après ce succès planétaire pour lequel il s'est battu (aucun producteur ne voulait du film), Hollywood a déroulé le tapis rouge à l'acteur bodybuildé qui a préféré s'engager dans la voix des films d'action pleins de testostérone. Il a ensuite tourné Rambo qui a fait de lui une superstar et multiplié les suites à ces deux succès. 
Dans les années 1990, le comédien a connu une traversée du désert et battu le record de nominations aux Razzie awards avec 20 mentions (il en a effectivement reçu 4 qu'il n'est jamais allé chercher). Il est même désigné par la cérémonie (qui récompense le plus mauvais du cinéma donc) "pire acteur du siècle" en 2000. Contrairement à son ami et rival Arnold Schwarzenegger, Sly n'a jamais trouvé de réalisateurs qui parviennent à montrer la diversité de son jeu. L'acteur a bâti son retour tout seul. Il s'est remis en selle avec un nouveau Rocky en 2006, un nouveau Rambo en 2008 et repris du poil de la bête en devenant réalisateur, producteur et scénariste de Expendables, une série B d'action au casting mettant en valeur les anciennes gloires des films du genre (Dolph Lundgren, Jet Li, Jason Statham, Mickey Rourke, etc) et ses nombreuses suites.

Une belle histoire à inscrire au pied de la statuette

Sylvester Stallone a commencé sa carrière au sommet avant de connaître des hauts et des bas. Comme Rocky, il a connu la gloire, a chuté et rechuté, mais s'est toujours relevé. Sa gueule cassée dans Creed témoigne de son épineux parcours. Une belle histoire à écrire au pied d'une statuette en or. Dans cette suite, le boxeur devient coach d'Adonis Creed, le fils de son ancien rival, Apollo. Le réalisateur Ryan Coogler a réussi à tirer le meilleur de Stallone, celui du "poète" derrière les muscles, comme le qualifie Variety, celui de l'acteur capable d'émouvoir sans pathos. Le film alterne brillamment les scènes de boxe piquantes et les séquences émotions justement dosées, rapporte la critique. Ce qui permet au comédien de sérieusement prétendre à l'Oscar. Creed touche tous les publics. La preuve : le film a fait pleurer Vincent Lindon. "Je suis allé voir Creed : L’Heritage de Rocky Balboa avec mes enfants, révélait-il dans les colonnes du Parisien. J’ai pleuré trois fois. J’ai adoré."

Sly a assuré avec émotion le passage de relais de son personnage à une nouvelle génération. Nombreux sont les acteurs à se retrouver dans Stallone. Matt Damon est l'un deux. Lors d'un récent discours, l'acteur a rendu hommage à son aîné en affirmant qu'il lui devait sa carrière. C'est grâce à Stallone qu'il a trouvé la volonté d'imposer son film Will Hunting (coécrit avec Ben Affleck, Oscar du meilleur scénario) quand aucun producteur ne voulait d'eux. Sly a lui-aussi dû se battre pour faire une place à Rocky dans le paysage hollywoodien. Comment les Oscars pourraient-ils alors ignorer Sly, boxeur et icône ?

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Oscars Cinéma Sylvester Stallone
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants