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"Il n'y a pas de petites violences" : l'emprise dans le couple au cœur de "Si tu penses bien", le dernier film de Géraldine Nakache

Dans son film "Si tu penses bien", en salles mercredi 16 septembre, Géraldine Nakache s'intéresse au quotidien d'une femme sous emprise de son compagnon. Elle explique sur RTL les mécanismes du contrôle coercitif.

Monia Chokri, Géraldine Nakache et Niels Schneider au festival de Cannes pour le film "Si tu penses bien", le 16 juin 2026.

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Géraldine Nakache sur RTL : "L'idée avec 'Si tu penses bien', c'était d'aller filmer l'invisible. Il n'y a pas de petites violences"

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Marine Langlois

"Il a très vite refermé sa toile pour m'emprisonner." Tiffany fait partie de ces nombreuses femmes en France qui sont victimes de contrôle coercitif, un mécanisme qui place une personne sous emprise - souvent au sein d'un couple - avec des violences psychologiques notamment. Au micro de RTL, elle raconte comment son ancien compagnon a "très rapidement pris possession de l'intégralité de [sa] vie". 

"Il m'a volé mes codes, il m'a volé ma carte bleue, il m'a isolé tout le monde, il venait me harceler sur mon lieu de travail. Il a violenté mon collègue parce que pour lui, si je travaillais de nuit avec un collègue homme, c'est que forcément j'avais une relation. J'ai fini par perdre mon travail, je ne voyais plus personne. Si je sortais, c'était forcément avec lui. Il a très vite refermé sa toile pour m'emprisonner", témoigne Tiffany. 

Continuant : "Les violences étaient de plus en plus intenses. Et du coup, les excuses, elles étaient de plus en plus présentes. Donc au départ, c'est juste des excuses verbales, puis des petits mots. À un moment donné, ma maison était remplie de fleurs. Je me disais, 'bon, il ne peut pas être méchant'. Il y a forcément une raison. Il y a des violences psychiques, psychologiques. Elles ne sont pas visibles à l'œil. Il n'y a pas de petites violences. Il y a des violences tout court."

"Elles ne savent plus comment elles doivent agir"

Des épisodes de violences inouïes suivis d'élans d'amour immenses. C'est ce que vit Gil, le personnage du film Si tu penses bien de Géraldine Nakache, en salles ce mercredi 16 septembre. Monia Chokri y incarne cette jeune mère sous emprise, Niels Schneider est Jacques, son bourreau. 

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"L'idée avec Si tu penses bien c'était d'aller filmer l'invisible, explique la réalisatrice sur RTL ce mercredi. Il n'y a pas de petites violences mais c'est très compliqué ça quand on est victime de savoir qu'on l'est justement. Parce qu'on nous dit 'oh c'est pas grave il a fouillé dans ton téléphone', 'oh mais ça va il t'a juste coupé la parole', 'il y a une insulte de temps en temps finalement c'est pas si grave'. Ça vient gangréner le cerveau des victimes au point qu'elles doutent et qu'elles ne savent même plus où elles en sont comment elles doivent agir comment elles doivent penser."

Ces femmes, ou hommes, victimes de contrôle coercitif finissent par se renfermer sur elles-mêmes, marchant "sur des œufs en permanence" pour ne pas "réveiller la bête". Surtout que souvent, l'entourage ne sait pas vraiment comment réagir. "Il se tait parce qu'il n'est pas sûr de comprendre. Quand il comprend, il culpabilise. Il se dit 'non mais demain ça ira mieux'", énumère Géraldine Nakache, qui est allée à la rencontre de victimes pour la préparation de son film. 

"Il ne faut pas se taire devant l'abus"

La réalisatrice a également rencontré des psychiatres, des sages-femmes ou des pédopsychiatres qui avaient souvent le même discours : "Oui, il y a beaucoup aujourd'hui de numéros, d'associations, d'aidants, de personnes qui sont formées, même à la police par exemple (...) C'est à l'entourage de venir nous voir. Au mieux, ils se trompent et ce n'est pas grave. Vous pouvez venir nous voir. Vous pouvez nous dire. 'J'ai l'impression que ma mère, ma sœur, mon cousin vit le contrôle coercitif."

Aujourd'hui, Géraldine Nakache tient à rappeler à toutes les victimes, comme le personnage principal de son film, qu'elles "ne sont pas seules". "Parce que l'isolement, ça raconte ça aussi. Elles se disent qu'elles sont seules à vivre ça ou qu'elles se plaignent trop facilement, qu'elles sont comme ça un peu trop sensibles" mais ces paroles sont une sorte de "dénigrement permanent". 

Terminant : "Il ne faut pas se taire devant l'abus. Il faut parler, c'est difficile. Mais il s'agit même d'un collègue ou de quelqu'un que vous avez le sentiment que vous ne reverrez pas tout de suite, parlez. Parce que la prise de parole, parler à quelqu'un, c'est aussi potentiellement se sauver et sauver la famille."

Le 3919 est le numéro d'écoute national destiné aux femmes victimes de violences. Il est anonyme et gratuit. 

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