3 min de lecture Cinéma

"Get on Up" : James Brown dans toute sa mégalomanie

NOUS L'AVONS VU - Le biopic "Get on Up", en salles le 24 septembre, rend un bel hommage au prince du funk tout en révélant la part d'ombre du chanteur, sa folie et ses tendances à la violence.

Chadwick Boseman incarne James Bown dans "Get on Up"
Chadwick Boseman incarne James Bown dans "Get on Up" Crédit : Universal Pictures
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

James Brown était une icône mais non un saint. Le biopic Get on Up, en salles le 24 septembre, montre le génie, le showman mais aussi les délires d'un homme à l'enfance difficile. La mégalomanie du prince du funk est très présente dans le long-métrage de Tate Taylor (La Couleur des sentiments). Le réalisateur s'attache à la justifier par des flash-back sur les jeunes années de James Brown, laissant parfois en suspend certaines scènes pour les reprendre plus tard dans le film. Ce va-et-vient incessant et désordonné apporte un rythme osé voire fou au film, à l'image du chanteur funk. Sélection des scènes les plus mégalo de Get on Up

Un coup de feu pour avoir utilisé ses toilettes

Vêtu d'un survêtement vert en éponge, James Brown, 55 ans, débarque dans son bureau de Augusta en Géorgie (États-Unis). Dans une salle annexe se déroule un séminaire. Il s'aperçoit qu'un inconnu a utilisé ses toilettes. Il retourne en furie à son pick-up, prend son fusil et entre dans la pièce du séminaire.

"Qui a utilisé mes chiottes ?", crie-t-il devant l'assemblée terrifiée. Il tire une balle au plafond. Les gens se jettent à terre. Une femme en pleurs se désigne. "Tu t'es débrouillée comme James Brown s'est débrouillé. Il n'y a pas d'autre manière de vivre", lui susurre-t-il en lui caressant la tête. Le chanteur tente ensuite d'échapper à la police lors d'une folle course-poursuite où il manque d'être tué. Cet épisode de 1988, bien que romancé, est véridique. James Brown a été condamné à six ans de travaux d'intérêt général. 

Sous les bombes lors de la guerre du Vietnam

Comme de nombreuses stars américaines à l'époque, James Brown s'est rendu au Vietnam pour chanter devant les troupes américaines. Le film a pris quelques libertés avec ce passage de sa vie, imaginant le chanteur stoïque sous les bombes, lors d'un trajet en avion. Les explosions se multiplient, ébranlant à chaque fois la carlingue de l'appareil militaire. Alors que son groupe, les Famous Flames, tremble, James Brown, lui, est très détendu, persuadé qu'on ne pouvait pas tuer le prince de la soul. Une fois au sol, il hurle : "Ils ont tenté de tuer James Brown. Qui veut rester dans l'histoire comme la personne qui a tué le funk ?" Si cet épisode est fantaisiste, il n'est pas non plus démesuré tant le chanteur était mégalomane. 

Il donnait des amendes à ses proches

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James Brown était d'une exigence folle envers ses musiciens. Ils devaient jouer à la perfection et lui obéir au doigt et à l’œil. À la moindre fausse note ou acte insolent, ils reversaient une certaine somme au chanteur. Brown avait instauré un système d'amendes allant de 10 dollars à 1.000 dollars. Un musicien pouvait même être exclu de la formation. Dans Get on Up, même l'entourage le plus proche de James Brown se voit obligé de lui tendre un billet de 20 dollars en l'appelant toujours "Mr Brown".

Il calme une émeute à Boston

Le 5 avril 1968, au lendemain de la mort de Martin Luther King, James Brown doit donner un concert à Boston. Le maire de la ville souhaite le faire annuler craignant une émeute. Le chanteur funk insiste et obtient le maintient de son show. Durant le spectacle, le public envahit la scène entourée par des policiers. Sans aucune peur, James Brown gronde son public. "Attendez une seconde, leur dit-il. Reculez, comportez-vous en gentleman. Je vais demander à la police de reculer car je pense pouvoir obtenir un minimum de respect de la part de mon peuple." Dans Get on Up, James Brown fait ainsi promettre à la foule, majoritairement noire, de rester unie et de ne pas "gâcher" son spectacle

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James Brown takes control as fans rush the stage. Live at the Boston Garden. April 5, 1968.
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