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"Game of Thrones" : la série est-elle trop cruelle avec les enfants ?

DÉCRYPTAGE - Brûlés vifs, violés, empoisonnés : les personnages les plus jeunes de la série ont subi des châtiments atroces dans cette saison 5. Ces violences sont-elles présentes uniquement pour le buzz ?

Shôren, la fille de Stannis Baratheon, sera victime de la cruauté de son père
Shôren, la fille de Stannis Baratheon, sera victime de la cruauté de son père
Crédit : HBO
Martin Cadoret
Martin Cadoret

Un rapport sexuel contraint pour Sansa Stark. Shôren, la fille de Stannis Baratheon, brûlée vive par son père. Des jeunes filles dans un bordel. Myrcella, la fille de Cersei Lannister, empoisonnée pendant son retour dans sa terre natale. Si l'univers de Game of Thrones n'a jamais été très tendre avec les enfants, cette saison 5 est particulièrement cruelle avec ses personnages les plus jeunes.

Cette violence est due en partie à l'introduction de nouveaux événements qui ne se sont pas encore déroulés dans les livres. "On pressent les morts de Myrcella et Shoreen dans les romans, mais pour l'instant elles n'ont pas encore eu lieu", explique Elio Garciaun des plus grands fans et fin connaisseur de Game of Thrones, à RTL.fr. Avec sa femme Linda Antonsson, ils ont publié une somme encyclopédique de texte sur l'univers de Game of Thrones, en collaboration avec George R.R. Martin, l'auteur des romans dont est adaptée la série.

"Selon moi, la décision de mettre autant d'événements futurs dans cette saison la rend beaucoup plus brutale que les autres", précise Elio Garcia, qui relativise tout de même : "Les romans sont aussi très sombres et sans compromis". Mais dans le livre, Martin a plus de place. Pour Élio Garcia, "l'auteur a passé beaucoup plus de temps que dans la série à explorer les raisons et les conséquences de cette violence".

Une volonté de choquer dans la série ?

Au delà de l'effet d'empilement de scènes terribles, certains spectateurs, comme la sénatrice américaine Claire McCaskill, se demandent si le show de HBO n'est pas tout simplement allé trop loin. "Cette scène de viol gratuite et dégoûtante est inacceptable", a écrit la femme politique sur son Twitter à propos de la scène suggérée de sexe forcé entre Sansa Stark et Ramsay Bolton.

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"Je crois que le programme joue à un jeu dangereux en se concentrant sur la manière de choquer les gens pour gagner leur attention", explique Elio Garcia. "Cela pourrait produire les conséquences inverses. À un moment, les spectateurs pourraient ne plus être aussi choqués qu'avant, et se détourner du programme. Pourtant, si le programme se concentrait sur un récit plus fort et des personnages plus fouillés, et que la violence se voyait justifiée par tout cela, les spectateurs l'accepteraient aussi bien", pense le fan de Game of Thrones.

"La télévision en général agit comme une loupe, et ce verre grossissant devient parfois extrême", concède Greg Soros, auteur de Game of Thrones : le mythe, aux éditions Clément. Pour lui, si "le show est outrancier par rapport au livre, par exemple dans les scènes de viols" - il cite le rapport sexuel forcé de Cersei avec Jaime dans la saison 4, la scène avec Sansa n'est pas montrée : "on n'est pas spectateur, pas complice."

La reconstitution d'un monde impitoyable

La violence envers les enfants n'est pourtant pas nouvelle dans la série : la saison 1 démarre avec la chute du jeune Bran Stark jeté du haut d'une tour de Winterfell. Pour Greg Soros, "c'est ce qui nous fait dire que ce n'est pas un show comme les autres. Tout est possible. George R.R. Martin ne s'interdit rien." La série reste fidèle à l'univers du livre, un monde dur et impitoyable, même pour les enfants. "Ils sont traités en adultes parce qu'ils vivent dans un monde d'adulte. Dans un monde d'heroic-fantasy pseudo-médiéval, il y a encore une différence d'approche : on mûrit plus vite, on est un homme accompli à 16 ans, en âge de mener une guerre, de se marier, de mourir dignement", détaille Greg Soros.

"Pour moi, George R.R. Martin et les scénaristes ont voulu montrer leur volonté de refléter les horreurs de la violence, pas simplement sur les adultes, mais aussi sur les enfants. Après tout, des jeunes souffrent terriblement dans certains conflits actuels", justifie Elio Garcia. Et la série n'est pas allée aussi loin que les livres sur certains aspects : les scénaristes ont vieilli plusieurs personnages pour ne pas choquer les spectateurs, comme Daenerys Targaryen ou Robb Stark.

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