4 min de lecture Cinéma

"Alice de l'autre côté du miroir" propose une héroïne dans l'air du temps

NOUS L'AVONS VU - Disney propose une Alice plus déterminée et libre que jamais, sur fond d'aventures cocasses et touchantes, où la famille reste un élément central. Le film est en salles à partir du 1er juin.

"Alice de l'autre côté du miroir" est en salles le 1er juin
"Alice de l'autre côté du miroir" est en salles le 1er juin Crédit : The Walt Disney Company France
Morgane Giuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

"Tu es partie bien trop longtemps, Alice", reproche Absolem, la chenille-papillon, à l'intéressée, au début d'Alice de l'autre côté du miroir. Il s'agit du deuxième long-métrage en live action de Disney à propos du personnage culte inventé par Lewis Carroll il y a 150 ans. Il fait suite à Alice au pays des merveilles, sorti il y a 6 ans, avec Tim Burton à la réalisation. Ce dernier a cette fois laissé sa place à James Bobin, mais est resté à la production. 

Le casting n'a pas changé, avec Mia Wasikowska (Alice), Johnny Depp (Le Chapelier Toqué), Anne Hathaway (la Reine Blanche), Helena Bonham Carter (la Reine Rouge) et un petit nouveau : Sacha Baron Cohen, excellent dans sa personnification du Temps. Pour cette suite prenant quelques libertés avec l'ouvrage original, Disney offre une Alice pleinement adulte, foncièrement libre et indépendante, mais qui n'a pas perdu son regard d'enfant. 

Une histoire d'amitié

Au début d'Alice de l'autre côté du miroir, on retrouve la protagoniste là où le précédent long-métrage l'avait laissée : sur le bateau de son père, le Wonder. Trois ans plus tard - dans la chronologie de l'histoire - Alice a encore gagné en aplomb, et est à présent capitaine, avec tout un équipage d'hommes à ses ordres. Lorsqu'elle repose pied à terre, elle retrouve sa mère dans une situation financière difficile.

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La bande-annonce d'"Alice de l'autre côté du miroir" Crédit Image : Capture d'écran/Disney | Crédit Média : Disney | Date :

Lors d'une soirée chez son ancien et infâme prétendant, Alice tombe sur Absolem, dont la voix est encore assurée par Alan Rickmandécédé en janvier dernier. La chenille-papillon la presse de retourner au pays des Merveilles, où ses amis ont besoin d'elle. Pour cela, rien de plus simple que de traverser l'étain d'un miroir. Une fois sur place, Alice apprend que son très cher ami, le Chapelier Toqué, est mal en point. Celui-ci déprime, car il souhaite retrouver sa famille, pourtant décimée dans une attaque du diabolique Jabberwocky, le dragon de la Reine Rouge, de nombreuses années auparavant. 

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La jeune femme lui assure que cela est impossible, elle qui, pourtant, déteste ce mot. La Reine Blanche lui confère la clé pour y arriver : utiliser la chronosphère, boule d'énergie permettant de voyager dans l'espace et le temps, pour sauver la famille du Chapelier Toqué. Il va d'abord falloir la subtiliser au Temps. 

Réaliser l'impossible

Alice de l'autre côté du miroir repousse les limites du possible. Le film personnifie le Temps sous les traits de Sacha Baron Cohen, habitué aux rôles déjantés (Brüno, le Dictateur, Borat). L'acteur est parfait en vrai/faux méchant à l'accent suisse ridicule (après tout, il est l'horloger le plus puissant au monde), tout aussi loufoque que sage. Deux traits de caractère qui se mêlent en permanence au pays des Merveilles. De nombreux jeux de mots sont faits autour de son personnage, mais qui parleront plus aux adultes qu'aux enfants. 

Même si elle part sceptique, Alice va donc tenter sa chance, et se retrouve à explorer le passé du Chapelier Toqué. Ce dernier est si présent qu'il en devient d'ailleurs le deuxième personnage principal, ex-aequo avec la jeune femme. Johnny Depp est toujours aussi délicieux dans la peau de cet homme à la folie douce, au léger zozotement et à l'amitié indéfectible. 

Il peut compter sur son amie Alice. Dans ce deuxième volet, Disney affirme son caractère indépendant et intrépide, qui était sous-entendu dans le premier. Mia Wasikowska brille d'une aura forte dans la peau de cette jeune aventurière qui entend vivre sa vie comme elle le souhaite : braver les océans pour parcourir le monde. Peu importe ce qu'en disent les conventions et ce que la société du 19e siècle attend d'elle en tant que femme. Dans ce sens, elle veut aussi réaliser l'impossible. Disney fait d'Alice une héroïne véritablement féministe et dans l'air du temps. Un développement que n'aurait pas renié Lewis Carroll, lui qui a été l'un des tous premiers auteurs à choisir une petite fille en guise d'héroïne d'un roman pour enfants.

L'importance de la famille

Le film insiste sur l'aspect primordial de la famille. Alice souhaite à tout prix garder le bateau de son père, tandis que le Chapelier Toqué rêve de revoir ses parents, frères et soeurs. En parlant de fratrie, les deux soeurs ennemies que sont la Reine Rouge et la Reine Blanche se retrouvent à nouveau, avec des chamailleries et jalousies dans lesquelles le spectateur peut se reconnaître. On apprend d'ailleurs comment la première s'est retrouvée avec une tête beaucoup plus grosse que la normale. L'exploration de leur passé, en plus de celui du Chapelier Toqué, permet de mieux comprendre l'histoire du pays des Merveilles.

Ses habitants sont en fait la deuxième famille d'Alice. L'univers reste, lui aussi, famillier. Comme pour le premier volet, on assiste à une explosion de couleurs éclatantes et de décors fantastiques, dans lesquels on s'immerge grâce à la 3D. Les nouveaux venus s'intègrent très bien, comme les "secondes" du Temps, ses petites aides. Dénuées de parole, petites et maladroites, ces objets métalliques vivants rappellent les Minions de Moi, Moche et Méchant, les contrepétries en moins. Même si elle a grandi, Alice est restée fidèle à sa capacité d'émerveillement, s'exclamant à plusieurs reprises : "Curieux !" On fait le même constat en sortant de la salle. 

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