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Prix Femina 2026 : Yannick Haenel récompensé pour "La solitude des professeurs est infinie"

Le romancier Yannick Haenel a vu son livre chez Gallimard préféré à ceux d'Emma Marsantes, "N'efface pas mes cercles" (Verdier), et de Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (P.O.L), mercredi 4 novembre.

L'écrivain français Yannick Haenel après avoir reçu le Prix Femina pour son roman « La solitude des professeurs est infinie » à Paris, le 4 novembre 2026.

Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

Le romancier Yannick Haenel a obtenu mercredi 4 novembre le prix Femina 2026 pour La solitude des professeurs est infinie (Gallimard), le récit de ses années d'enseignement dans des établissements scolaires de banlieue. L'écrivain, présent à la remise du prix au siège de Dior à Paris, a dédié son livre "aux professeurs, aux lycéens et aux collégiens", en plein mouvement de protestation des élèves.

Le jury exclusivement féminin de 12 membres a préféré son livre à ceux d'Emma Marsantes, N'efface pas mes cercles (Verdier), et de Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? (P.O.L), qui ont également obtenu des voix. 

Le Femina étranger a été décerné à l'Américaine Laura Kasischke pour Baignade surveillée (Gallimard) et celui de l'essai à Jennifer Tamas pour Barbe Bleue contre-enquête (Seuil).

Un habitué des prix littéraires

Après des études à Rennes, Yannick Haenel, 59 ans, a été professeur dans les années 1990 avant de se lancer dans l'écriture. Il a notamment publié "Jan Karski", prix Interallié 2009, et "Tiens ferme ta couronne", prix Médicis 2017. Il est également chroniqueur dans la presse, notamment à Charlie Hebdo.

Sorti en août, La solitude des professeurs est infinie raconte les débuts dans l'éducation de Jean Deichel, le double de l'auteur. Ce jeune professeur de français stagiaire débarque dans un collège de Mantes-la-Jolie (Yvelines), où il découvre le stress, l'envie de transmettre et les épreuves du métier d'enseignant. Le narrateur raconte "la joie" qu'éprouve l'enseignant "quand ça marche, quand un visage s'éclaire furtivement, quand un élève manifeste sa compréhension, quand un cours est réussi, ou une copie excellente".

Mais il se rappelle aussi : "Je passais mon temps à calmer le jeu, à désamorcer, à neutraliser. Quoiqu'en disent les pédagogues, c'est la violence qui est première dans les collèges et être prof consiste à enrayer son déchaînement". Yannick Haenel a expliqué avoir eu le besoin d'écrire sur "la solitude des profs" après les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard.

Le prix Femina a été remis au lendemain des prix Goncourt, qui a récompensé Philippe Jaenada pour L'inconnue du quai de Javel (Flammarion) et Renaudot, décerné à François-Henri Désérable pour Le Palais (Gallimard). En 2025, le Femina avait récompensé Nathacha Appanah pour La Nuit au cœur (Gallimard).

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