3 min de lecture Littérature

VIDÉO - Laetitia Colombani : "C'est difficile d'être une femme aujourd'hui"

REPLAY - INVITÉE RTL - Son premier roman "La Tresse" est un succès. Rencontre avec Laetitia Colombani qui se confie sur ses inspirations et ses envies futures.

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Laetitia Colombani : "C'est difficile d'être une femme aujourd'hui" Crédit Image : Capture d'écran / RTLnet | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Bernard Lehut
Bernard Lehut Journaliste RTL

Le 11 mai dernier paraissait le premier roman de Laetitia Colombani, La Tresse. Huit semaines plus tard, son livre est en tête des ventes, juste derrière le dernier polar de Fred Vargas et le bouche-à-oreille des libraires et des lecteurs est excellent. Bref, il est en passe de devenir le best-seller de l'été, déjà diffusé à 150.000 exemplaires. Une réussite surprenante qu’elle vit comme un cadeau : "Tout cela me donne une énergie incroyable. C'est un encouragement à continuer, à poursuivre et j'ai envie d'en écrire plein d'autres".

Le point de départ du livre est génial et original : ce sont les cheveux, plus précisément, le commerce que l'on en fait aujourd'hui à l'échelle de la planète. Des perruques, des postiches portées par des femmes occidentales, sont fabriqués à partir de cheveux naturels provenant de pays lointains comme l'Inde et passent par des ateliers spécialisés, notamment en Italie. 

Une odyssée de la mèche que Laetitia Colombani a sublimé en symbole de la solidarité féminine en nous racontant le destin de trois héroïnes admirables. Smita, l'Indienne, Julia, la Sicilienne et Sarah, la Canadienne. Trois combattantes chacune à leur manière qui, sans se connaître, sans se rencontrer, seront reliées par les cheveux de l'une et le courage de toutes. 

Un hommage au courage des femmes

Pour écrire son livre, Laetitia Colombani s'est longuement documentée sur le commerce des cheveux. Elle a vu des dizaines d'heures de documentaire, tournés aux quatre coins de la planète : "Je suis allée dans ces pays, l'Inde, l'Italie et le Canada. J'avais une vision assez touristique de l'Inde mais j'ai eu besoin de faire des recherches pour voir quelles réalités se cachaient derrière tout cela". Ses trois héroïnes, elle les a choisies en se renseignant sur la condition des videuses de latrines, réservée aux femmes Intouchables. 

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On découvre aussi avec La Tresse, l'épouvantable condition des femmes intouchables en Inde. "Elles sont considérées comme représentant la lie de l'humanité", explique Laetitia Colombani : "Les femmes appartiennent aux hommes en Inde, elles sont leurs esclaves. Naître femme Intouchable en Inde est ce qui peut vous arriver de pire".

Julia, la sicilienne, c'est un peu une Juliette qui, elle aussi, trouve son Roméo en dépit des préjugés. Elle travaille dans le petit atelier de traitement des cheveux dirigé par son père, parmi une dizaine d’ouvrières, qui trient manuellement, mèche par mèche, les cheveux des Italiennes. Elle va devoir trouver une solution pour redresser la situation économique de l'atelier, qui est très inquiétante, et c'est l'amour qui la lui apportera.

J'avais envie de montrer des femmes qui sont des personnages forts et intenses.

Laetitia Colombani
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Sarah, l'avocate canadienne touchée par la maladie, permet à Laetitia Colombani d'aborder un autre mal, celui de l'exclusion du monde du travail : "Je voulais montrer un personnage qui a priori n'a rien en commun avec Smita mais à l'annonce de sa maladie elle va voir le monde autour d'elle changer, elle va devenir elle même intouchable, elle va se retrouver mise à l'écart". 

La Tresse permet à Laetitia Colombani de faire des femmes de vraies héroïnes, fortes et combattantes. "J'avais envie de rendre hommage à ces femmes, ces héroïnes du quotidien" explique-t-elle : "Je trouve qu'il n'est pas facile d'être une femme dans le monde d’aujourd’hui. Je décris trois situations différentes mais je trouve que les femmes ont des défis gigantesques à relever dans nos sociétés. J'avais envie de montrer des femmes qui sont des personnages forts, intenses, qui portent en elle un élan de vie qui, finalement, va être plus fort que tout".

Pour tenter de mieux comprendre l'engouement que suscite La Tresse, deux libraires expliquent pourquoi elles en ont fait leur coup de cœur de l’été. Corinne Bernard du Furet du Nord à Valenciennes aiment la foi en la vie qu'ont ces héroïnes : "Même si elles trébuchent, elles se rebellent contre la fatalité". Florence Lorrain de la librairie L'Art de la Joie à Paris apprécie la sobriété du roman, dans lequel "il n'y a rien en trop et il ne manque rien". Des compliments que Laetitia Colombani retrouve chez ses lecteurs et ses lectrices, nombreux à se déplacer dans les librairies et les salons pour la rencontrer.

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