2 min de lecture

Un roman écrit avec l'IA ? L'Académie Goncourt supprime de sa sélection le livre de Thélyson Orélien, "C'était ça ou mourir"

L'affaire Thélyson Orélien n'en finit pas de faire des vagues. Face aux soupçons d'écriture à grand renfort d'intelligence artificielle, la prestigieuse académie Goncourt préfère la prudence pour protéger la respectabilité de son prix littéraire.

L'écrivain Thélyson Orélien est accusé d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman "C'était ça ou mourir"

Crédit : AFP

Aymeric Parthonnaud

Le prix Goncourt ne pouvait pas laisser un doute planer. Dans un communiqué publié le vendredi 26 septembre 2026, l'Académie du plus prestigieux prix littéraire français a pris la décision de rayer d'un trait de plume le roman de l'écrivain québécois Thélyson Orélien. 


"L'Académie Goncourt compte tenu des plagiats dont son auteur s'est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d'être révélés, ainsi que du résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien, paru aux Éditions Grasset, est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle, a décidé de la suppression de ce titre de sa première liste." 

Et l'Académie de poursuivre : "Ce choix est dicté par la volonté de préserver l'intégrité du prix Goncourt, celle de l'Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes. Il s'agit d'envoyer un message clair - et notamment aux participants du Prix Goncourt des Lycéens, du Goncourt des Détenus et ceux des plus de cinquante Choix Goncourt de l'Étranger : un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n'adoubons d'une façon ou d'une autre la création de textes générés avec l'aide de I'IA."

"L'Académie ne fera pas d'autre commentaire, et rendra publique sa deuxième liste le 6 octobre 2026."

À lire aussi

Aux accusations d'avoir eu recours à une IA se sont ajoutées le 23 septembre des allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans. Cette affaire est la première liée à l'IA à secouer le monde littéraire français qui, jusqu'à présent, n'a pas établi de règles collectives face au développement très rapide de cet outil. "Le monde de l'édition doit réagir vite, sans panique mais sans naïveté, sinon, il laissera s'installer un doute durable sur la valeur même des livres", affirmait Arnaud Nourry, ancien PDG d'Hachette et patron des Nouveaux Éditeurs, plus tôt ce jour dans les colonnes du Parisien. 


L'écrivain canado-haïtien, l'une des révélations de la rentrée littéraire, a rejeté les accusations d'avoir eu recours à l'IA pour écrire C'était ça ou mourir, portées par un compte X confidentiel "Balance Ton Claude" [référence à l'IA Claude] derrière lequel se cachait, entre autres, le chroniqueur du Figaro, auteur et nouvelle figure de la sphère conservatrice, Samuel Fitoussi. Ce dernier a affirmé que le roman de l'auteur de 38 ans avait été "presque intégralement" écrit par intelligence artificielle. Il indique avoir utilisé pour l'analyse d'extraits le logiciel américain de détection Pangram. 

"J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine", a réagi l'auteur auprès de Libération. Il a indiqué être "en train de constituer un dossier" avec ses éditeurs "pour prouver" qu'il a écrit l'ouvrage de sa main.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée