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"Fake news ou infox" : lequel va s'imposer ?

Muriel Gilbert nous parle de mots récemment introduits en français : "infox" et "prête-plume". Vont-ils prendre racine et devenir l'usage ?

Un dictionnaire annoté (illustration)
Un dictionnaire annoté (illustration)
Crédit : AFP
Un bonbon sur la langue du 21/10/2018
02:29
Doit-on dire "fake news ou infox" ?
02:29
Muriel Gilbert & Ryad Ouslimani

Il y a une expression américaine qui est fort à la mode dans la presse française depuis la campagne présidentielle de Donald Trump, il s’agit de : "fake news". Pour tenter de couper l’herbe sous le pied à cet anglicisme, "qui désigne un ensemble de procédés contribuant à la désinformation du public", la Commission d’enrichissement de la langue française vient de proposer de le remplacer par un néologisme : "infox"

Le mot est assez bien trouvé selon moi. Reste à voir si la réaction a été suffisamment rapide pour que cette "infox", un mot-valise basé évidemment sur "info" et "intox", s’installe dans notre vocabulaire.

La Commission d’enrichissement de la langue est une émanation du ministère de la culture, créée en 1996. "Pour demeurer vivante, explique la Commission, une langue doit être en mesure d’exprimer le monde moderne dans toute sa diversité et sa complexité. Chaque année, dans notre monde désormais dominé par la technique, des milliers de notions et de réalités nouvelles apparaissent, qu’il faut pouvoir comprendre et nommer".

Par quoi remplacer le mot "nègre" ?

C’est pour éviter que s’imposent trop de termes américains que cette institution s’efforce de créer des équivalents français. Une fois validés par l’Académie française, ils sont publiés au Journal officiel, et leur usage devient obligatoire dans les administrations et les établissements de l’État. Ils servent aussi de référence, en particulier aux traducteurs, correcteurs et journalistes.

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Mais la Commission d’enrichissement de la langue ne s’intéresse pas qu’aux nouveaux concepts techniques.Vous pouvez consulter les travaux accomplis sur le site Internet Culture.fr/franceterme. Vous y constaterez que l’un des chantiers récents a été consacré à l’usage du mot "nègre", quand il désigne celui qui écrit un livre destiné à être signé par un autre.

Dans l’ensemble des dictionnaires actuels, explique l’institution, le mot "nègre", quand il est employé pour désigner une personne de couleur, est qualifié de dépréciatif, péjoratif, raciste, vieilli… L’usage du mot ne perdure quasiment plus que dans le secteur de l’édition, mais il est de plus en plus souvent assorti de guillemets... ou remplacé par l’expression anglaise ghost writer, "auteur fantôme".

L'usage décide de l'adoption d'un terme

La Commission d’enrichissement de la langue française a donc proposé d’employer le terme de "prête-plume", déjà utilisé au Québec, ou encore, en fonction des contextes, les termes "auteur caché", "écrivain caché", "plume cachée", voire "auteur de l’ombre", "écrivain ou plume de l’ombre".
 
Reste à voir si ces termes vont s’installer. Car ensuite, tout dépend de nous, puisque c’est l’usage qui fait la langue française. Si le public s’empare du mot, il prend racine et s’installe. Alors, ce "prête-plume" et cette "infox", on les adopte ?

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