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Corse : des scientifiques vont "chasser les éclairs" à bord d'un "labo volant"

Pour étudier au plus près les éclairs, des scientifiques lanceront au mois de septembre l'opération Exaedre, en Corse. Pour cela, ils embarqueront dans un Falcon, équipé de tout le matériel nécessaire, avec l'objectif de visiter le cœur des nuages.

Le Falcon 20, "laboratoire des airs", contient tous les instruments nécessaires à l'étude des éclairs in situ Crédits : REMY GABALDA / AFP | Date : 06/09/2018
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Le Falcon 20, "laboratoire des airs", contient tous les instruments nécessaires à l'étude des éclairs in situ Crédits : REMY GABALDA / AFP | Date : 06/09/2018
Un technicien de Safire opère les derniers ajustements sur une sonde de l'aile du Falcon 20, à la base militaire de Francazal, le 5 septembre 2018 Crédits : REMY GABALDA / AFP | Date : 06/09/2018
Les sondes sont situées sur les ailes du Falcon 20 Crédits : REMY GABALDA / AFP | Date : 06/09/2018
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Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

L'opération va durer un mois, pendant la période des orages en Corse : des scientifiques embarqueront à bord d'un "labo volant" pour étudier les éclairs au plus près, au cœur même des nuages. L'objectif de cette mission : en apprendre plus sur les éclairs pour améliorer les prévisions météorologiques.

À bord d'un Falcon 20 réaménagé en laboratoire des airs, des scientifiques passeront un mois, du 13 septembre au 12 octobre, à "chasser les éclairs" dans le ciel corse. "C'est un phénomène naturel encore mal compris alors qu'il représente un risque majeur pour la société", explique Eric Defer, responsable scientifique du projet. 

Nommée "Exaedre", cette mission est la première campagne scientifique européenne dédiée à l'activité électrique. Financé par le CNES, le CNRS, Météo France, le Safire et l'université Toulouse III, pour un coût entre 4 et 5 millions d'euros, ce projet permettra de renforcer les connaissances du processus physique qui donne naissance aux éclairs, peu étudié jusque là. "Aucune campagne scientifique européenne ne s'était jusque-là attelée à étudier en détail l'éclair, produit fini de l'orage", a-t-il expliqué. 

90% des éclairs restent dans les nuages

Dans le Falcon de l'unité Safire (Service des avions français instrumentés pour la recherche en environnement), les machines les plus pointues de la recherche française s'entassent : détecteurs de particules à haute énergie moulins à champ Ampera et radar de nuages Rasta.

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Pour analyser les éclairs, les scientifiques devront les "récolter" in situ en s'insérant dans la partie haute des Cumulonimbus (les nuages à l'origine de l'orage). Les nuages seront analysés à 8 occasions, pendant 3 heures et sur 3 niveaux : 10 km, 7 km et 5 km d'altitude. 

Étudier les éclairs avec précision implique en effet de venir à la source, lorsqu'on sait que 90% d'entre eux restent dans le nuage. Les données récoltées par le technicien et les trois ingénieurs en vol seront ensuite mises en lien avec celles récoltées par des équipes restées sur la terre ferme. 

Une activité électrique de plus en plus intense

Les mesures, qui seront ensuite extrapolées, permettront d'établir des "scénarii types sur le reste de la France et de l'Europe". Autrement dit, l'évolution des orages à court terme (15 à 30 minutes) et les prévisions météorologiques à long terme (1 à 2 jours) pourront être calculés. 

"On ne va pas prévoir les impacts de foudre, ça ne sera pas comme dans 'Retour vers le futur' où Doc dit 'Ah, il va pleuvoir à 23h02"", plaisante Eric Defer. "Mais on va pouvoir anticiper où vont se déplacer les cellules orageuses avec plus de précision". 

Selon les chercheurs, les orages vont se faire de plus en plus violents avec une plus grande activité électrique. L'étude des éclairs connaît désormais une "pleine croissance en Europe", a expliqué Pierre Tabary, responsable Atmosphère météorologique climat du CNES (Centre national d'études spatiales). À terme, le projet Exaedre aura pour intérêt de développer des outils pour Taranis et Météosat 3e génération, deux projets satellites spécialisés dans les orages, prévus respectivement pour 2019 et 2021.

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