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"Vous croyez que ça va éviter quoi ?" : interrogée sur la climatisation et la canicule, la ministre de la Transition écologique se dit "horrifiée"

Ministre de la Transition écologique, Monique Barbut a répondu à ceux qui vantent les mérites de la climatisation afin de lutter contre le réchauffement climatique, en plein épisode de canicule. "Une mesure d'urgence", selon elle, bien loin de la politique "d'adaptation" nécessaire à mettre en place.

Monique Barbut à l'Assemblée le 24 juin 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Tandis que la classe politique rivalise de commentaires sur la nécessité de recourir à la climatisation, la ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité Monique Barbut, elle, a tranché. À l'occasion d'un point de situation sur la pollution à l'ozone à Airparif, l'ancienne présidente de l'association WWF a laissé échapper sa colère. "Je vais dire les choses comme je le pense : je suis horrifiée par les gens qui me disent : 'Y a qu'à mettre la clim partout'", s’est-elle agacée ce vendredi 26 juin. 
"Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter à une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien !", a-t-elle poursuivi

Selon Monique Barbut, l'installation de la climatisation "ce n'est pas de l'adaptation" mais il s'agit plutôt d'une "mesure d'urgence". Cependant, la ministre de la Transition écologique ne rejette pas le recours à ce type de rafraîchissement de l'air. "Il faut forcément et évidemment que les gens ne suffoquent pas mais ce n'est pas de l'adaptation au changement climatique", a-t-elle insisté.

"L'adaptation, c'est une politique de long terme"

À travers ces déclarations, Monique Barbut répond, sans le nommer, au Rassemblement national qui a proposé un "plan massif de climatisation". Les Écologistes, eux, reviennent sur leur dogme en assumant le compromis suivant : équiper les services publics de climatiseurs.

"L'adaptation, c'est une politique de long terme et qui n'implique pas le ministère de l'Environnement seul en tant que tel" mais "ça va impliquer des changements à l'industrie, à l'agriculture, aux transports, enfin l'économie entière", a défendu la ministre de la Transition écologique.

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Le 24 juin, Monique Barbut interpellait sur le choix demandé à la France pour les années à venir. Le pays est devant "un mur d'investissements" en matière d'adaptation au changement climatique, a-t-elle assuré sur France Inter. "Et comme vous le savez très bien, le mur d'investissements, il doit aussi se voter au Parlement", a-t-elle anticipé. Elle renvoie ainsi à la situation politique morcelée à l'Assemblée nationale, demandant au gouvernement de nouer des alliances afin de faire voter des lois.

Revoir "tous nos réseaux urbains et nos réseaux d'eau"

Entre des pannes d'électricité dans le Finistère, des fermetures d'écoles et de sites touristiques plus tôt que prévu, la canicule actuelle met en lumière les failles françaises en matière de préparation au réchauffement. 

"C'est clairement pas suffisant. L'adaptation, c'est une politique de long terme. Il y a énormément de choses à faire. Il faut par exemple revoir tous nos réseaux urbains, il faut revoir nos réseaux d'eau, il faut revoir nos réseaux SNCF. C'est pas des choses qu'on va faire ni en cinq ans, ni en dix ans, mais il faut les inscrire dans la durée", a-t-elle déclaré. 

Interrogée sur les récents gels de crédits dans le Fonds vert sur fond d'économies budgétaires, la ministre a répondu qu'"il n'y a pas que le Fonds vert dans mon budget", ajoutant que les collectivités ont réalisé peu de demandes de financements cette année en raison des élections municipales.

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