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"Un jour ça va, un jour elle dit que c'est foutu" : comment Marine Le Pen, entourée de ses proches, se prépare à la décision de son procès en appel

À une semaine du verdict de son procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen oscille entre doutes et confiance. Autour d'elle, le RN retient son souffle face à une décision judiciaire qui peut bouleverser sa stratégie pour la présidentielle de 2027.

Marine Le Pen, lors de son procès en appel, le 10 février 2026 à Paris

Crédit : Tom Nicholson / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

"Un jour ça va, un jour elle dit que c'est foutu" : comment Marine Le Pen, entourée de ses proches, se prépare à la décision de son procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens

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Julien Fautrat - édité par Jérémy Descours

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Candidate ou non : la question obsède le Rassemblement national depuis des mois. Mardi 7 juillet, Marine Le Pen saura si la cour d'appel confirme ou infirme la décision rendue en première instance, et donc si elle sera inéligible ou non. En conséquence, elle saura aussi si, après 2012, 2017 et 2022, elle peut envisager une quatrième candidature à l'élection présidentielle en 2027. À l'approche de cette échéance judiciaire, son état d'esprit comme son organisation des derniers jours sont scrutés de près.

Depuis plusieurs jours, elle et ses deux sœurs, Yann et Marie-Caroline, vident Montretout, le manoir familial, qui a trouvé un acheteur.

Un proche de Marine Le Pen raconte : "Elles lisent des vieux courriers, elles retrouvent des choses de leur enfance, elles en parlent entre sœurs. C'est un refuge". Un refuge avant l'échéance. Vider la maison de famille avec ses frères et sœurs est souvent l'occasion de longues discussions...

"Marine, c'est un jour sur deux : un jour ça va, un jour elle dit que c'est foutu", raconte l'un de ses proches pour décrire son état d'esprit. Son entourage politique lui conseille depuis longtemps d'aller chercher de l'énergie "auprès des gens". Ce sera samedi, à Liévin. C'est le député de la circonscription, Bruno Bilde, l'un de ses plus proches, qui a pris les choses en main.

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Marine Le Pen a aussi rendez-vous avec ses avocats avant mardi prochain, pour affiner la communication.

"On lui a dit : ne te fais pas trop d'illusions"

Mais que pensent précisément ses proches de la situation ? Pour l'un d’entre eux, il n'y a aucune chance : "Ma conviction, c'est qu'elle va être lourdement condamnée, je ne vois pas comment ça peut être amoindri".  Un autre se confie : "On lui a dit : ne te fais pas trop d'illusions". 

Un député proche de Marine Le Pen se morfond, passe des coups de fil interminables à ses collègues : "Mais qu'est-ce qu'on va devenir ?" En coulisses, l'inquiétude est palpable.

De son côté, Marine Le Pen, elle, affiche sa sérénité. C'est ce qu'assurait Sébastien Chenu, député RN, dans le Grand Jury de RTL, ce dimanche 28 juin : "Marine Le Pen, elle est résiliente. Elle attend avec une certaine forme de confiance parce que je crois qu'elle a fait la preuve qu'elle n'avait pas cherché à commettre de délits". 

Caroline Parmentier, députée RN et intime de Marine Le Pen, rappelle de son côté que Jean-Marie Le Pen et sa famille, dont sa fille Marine Le Pen, étaient sortis indemnes d'un attentat à la bombe à leur domicile, l'attentat dit de la villa Poirier, en 1976.

"Marine Le Pen, elle a une réelle capacité à se relever et à rebondir dans la vie. N'oublions pas quand même qu'elle a sauté sur une bombe à l'âge de 8 ans avec toute sa famille. Marine, elle a une capacité à renaître".

"Ce n'est pas un saut dans le vide"

Reste une question : si Marine Le Pen ne pouvait pas être candidate, quelle serait alors sa place ? Que ferait-elle ? Sera-t-elle la gardienne du temple de son courant populiste ? Comment perpétuer la tradition lepéniste sans reproduire ce que Jean-Marie Le Pen lui a fait lorsqu'elle a repris les rênes du parti, c'est-à-dire lui mettre des bâtons dans les roues à la moindre occasion ? "J'ai assez supporté les ingérences de mon père pour ne pas avoir envie de refaire la même chose", disait-elle.

"Pour moi, ce sera un choc en raison de tout ce qu'elle a vécu. Mais à partir du moment où elle a préparé elle-même son avenir, c'est réconfortant pour nous, ce n'est pas un saut dans le vide", ajoute Caroline Parmentier au micro de RTL.

Une chose est sûre : Marine Le Pen ne veut pas être Première ministre de Jordan Bardella. Pour elle, l'enjeu de la campagne qui se dessine est aussi de ne pas laisser son dauphin dénaturer le programme du RN, son programme.

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