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UMP : Copé joue sa peau après l'affaire Bygmalion

Jean-François Copé, président de l'UMP, devra défendre sa place, ce mardi, au cours d'un bureau politique à haut risque alors que les ténors du parti réclament sa tête après les européennes et l'affaire Bygmalion.

Jean-François Copé, le 21 mai 2014, à Paris. (archives)
Jean-François Copé, le 21 mai 2014, à Paris. (archives) Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
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Les ténors de l'UMP se réunissent ce mardi 27 mai au matin pour tenter de dénouer l'une des plus grave crise qu'ait connue leur parti depuis sa naissance en 2002, avec une question brûlante: le sort de son président Jean-François Copé.

Partira, partira pas ? Le député-maire de Meaux a démontré sa pugnacité lors de la précédente convulsion à l'UMP, l'interminable duel entamé fin 2012 avec François Fillon pour la direction du mouvement. Mais là, estime un responsable du mouvement, "il ne pourra pas sauver sa tête. C'est du lourd, du très lourd". Pour beaucoup, il y a péril dans la demeure UMP. L'affaire Bygmalion - société de communication fondée par deux proches de Copé - avait commencé par des soupçons de favoritisme. Elle n'a cessé d'enfler et de proliférer pour atteindre, à l'issue de la folle journée de lundi, l'ancien président Nicolas Sarkozy. L'affaire Bygmalion, "c'est l'affaire des comptes de campagne de Sarkozy", a accusé l'avocat de cette agence, Me Patrick Maisonneuve, parlant de "fausses factures".

Tout nouvel eurodéputé - ce qui lui confère une immunité face à la justice, même s'il a dit qu'il n'y recourrait pas - Jérôme Lavrilleux, jusqu'à dimanche directeur de cabinet de Copé, a corroboré cette version, reconnaissant en larmes que des meetings du candidat ont été indûment facturés à l'UMP. Un "dérapage" dans "l'engrenage irrésistible" de la campagne, a-t-il concédé, en exemptant Sarkozy et Copé. En revanche, lundi soir, le trésorier de campagne de Sarkozy, Philippe Briand contestait auprès de l'AFP la version de Me Maisonneuve.

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Folle journée

Cette folle journée a également vu une perquisition au siège parisien de l'UMP qui se prolongeait au milieu de la nuit et par la garde à vue de l'ex-bras droit de Nicolas Sarkozy Claude Guéant dans un autre dossier, l'arbitrage Tapie. Le tout au lendemain de la victoire FN au européennes,l'UMP perdant plus d'un tiers de ses 29 élus au Parlement de Strasbourg, et se faisant dépasser de 4 points par le parti de Marine Le Pen. La crise est donc politique, financière, judiciaire et morale, jugent plusieurs caciques.

L'UMP "est atteinte dans sa crédibilité" et "son honneur est mis en cause", a déploré l'ex-Premier ministre François Fillon. Alors que faire ? Pour certains, de plus en plus nombreux, l'équipe dirigeante doit démissionner collectivement, comme l'a demandé lundi soir sur France 2 l'ancien secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian. "Copé continue à tirer tout le monde vers le bas, il est sur un toboggan qu'il ne peut plus remonter", souligne un important élu régional. Certains avancent à l'idée d'une direction provisoire collective, le temps que l'enquête s'achève.

Jean-Pierre Raffarin a suggéré la mise en place d'un "conseil d'éthique et de gouvernance" désigné par le bureau politique. Pour Nathaliie Kosciusko-Morizet, chef de l'opposition parisienne, il faut convoquer un congrès "pour interroger les militants sur une alliance avec le centre", un des points chauds en débat.

Le bureau politique de tous les dangers

"Le BP décidera, je l'espère, un audit rapide des comptes de l'UMP, sous l'autorité de personnalités indépendantes", a souhaité NKM, auprès de l'AFP. Elle suggère aussi un congrès pour consulter les militants sur notamment l'alliance avec le centre. Ce serait un retour aux sources puisque Jacques Chirac avait voulu une organisation unique afin d'éviter un 21 avril à l'envers.

Le Congrès ordinaire est prévu en novembre 2015. C'est que statutairement, rien ne contraint l'ex-ministre du budget à abandonner le poste qu'il a conquis de très haute lutte en novembre 2012. "Il n'y a pas de procédure de destitution", regrette un ancien ministre.

Mardi matin, dans les sous-sols de l'Assemblée nationale, c'est Copé qui prendra en premier la parole, à partir de 08H30. Fillon la prendra également. Pour Copé, qui vient de fêter ses 50 ans le 5 mai, c'est le BP de tous les dangers. 

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Jean-François Copé, président de l'UMP, devra défendre sa place, ce mardi, au cours d'un bureau politique à haut risque alors que les ténors du parti réclament sa tête après les européennes et l'affaire Bygmalion.
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