2 min de lecture

"Tu expliques qu'une théorie raciste, ça se débat ?" : Aurore Bergé recadrée par son propre camp après ses propos sur le "grand remplacement"

Aurore Bergé est vivement critiquée, y compris dans la majorité, après ses propos sur le "grand remplacement", qu'elle refuse de qualifier de raciste tout en disant la combattre. Y compris dans son propre camp, elle est accusée de banaliser les thèses d'extrême droite.

Aurore Bergé, le 26 octobre 2023.

Crédit : THOMAS SAMSON / POOL / AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Aurore Bergé s'est attiré jeudi 10 septembre de nombreuses critiques, y compris au sein du camp présidentiel, après ses déclarations sur la théorie du "grand remplacement". Interrogée la veille sur CNews pour dire si cette thèse était raciste, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations a éludé à plusieurs reprises, avant de répondre : "Non, je ne pense pas que ce soit une théorie...", sans terminer sa phrase.

Elle a toutefois assuré "combattre" cette théorie complotiste d'extrême droite, selon laquelle une immigration de masse voulue par les élites remplacerait la population blanche et chrétienne d'Europe. Aurore Bergé l'a décrite comme "fausse factuellement" et "même mensongère", accusée de chercher à nourrir "un terreau de peur dans notre pays".

Des critiques jusque dans la majorité

Jeudi, sur franceinfo, la ministre a défendu l'idée que le débat sur ce sujet "fait partie de la liberté d'expression". "Et donc je crois que le ranger sur le caractère raciste voudrait dire qu'on n'a pas le droit d'en débattre. Moi, je préfère combattre", a-t-elle plaidé. 

Ces propos ont immédiatement provoqué des réactions. Sur le réseau X, la députée Renaissance Prisca Thevenot l'a interpellée : "Hein ? Aurore Bergé, tu expliques qu'une théorie raciste, ça se débat comme une opinion politique ? Le racisme est un DÉLIT". Cette proche de Gabriel Attal a ajouté que le "grand remplacement" "n'est pas un débat" mais "une théorie complotiste, qui a motivé des attentats terroristes".

La gauche appuie les critiques contre Aurore Bergé

La réaction de l'élue macroniste a été relayée et soutenue à gauche. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a jugé que Prisca Thevenot avait "totalement raison". "Comment Mme Bergé peut-elle rester ministre des discriminations en disant que le grand remplacement n'est pas une théorie raciste ?", a-t-il écrit sur X.

Le député Aurélien Rousseau, proche de Raphaël Glucksmann, a lui aussi fait part de son "indignation", dénonçant "une coupable complaisance" qui banalise une "pseudo théorie" relevant selon lui d'"un racisme sans fard". De son côté, le banquier d'affaires Matthieu Pigasse a estimé qu'"à force de courir derrière l'extrême droite, ils en banalisent les mots, les obsessions et désormais le racisme".

"Je ne plie pas aux injonctions de l'extrême gauche"

Ce jeudi après-midi, Aurore Bergé est de nouveau revenue sur ses propos tenus sur CNews sur le "grand remplacement" et la liberté d'expression face à la presse après le conseil des ministres. "J'ai dit que c'était une théorie fausse, que je combattais, que nous combattons", a déclaré la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations.

"J'ai dit que non elle ne tombait pas sous le coup de la loi", a-t-elle ajouté. Je ne plie pas à la volonté de l'extrême droite de faire croire qu'il y aurait un 'grand remplacement'. Avant de conclure : "Je ne plie pas aux injonctions de l'extrême gauche".

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée