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Bally Bagayoko, maire élu de La France Insoumise (LFI) à la mairie de Saint-Denis, pose lors d'une séance photo à Paris, le 11 décembre 2025.
Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP
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C’est une annonce qui marque une rupture nette avec la politique sécuritaire menée ces dernières années dans la ville située en Ile-de-France, anciennement dirigée par Mathieu Hanotin (PS). Invité sur France 2, le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko a affirmé ce mardi 24 mars vouloir "rentrer dans un processus de désarmement" de la police municipale.
La mesure ne sera pas immédiate et concernera, dans un premier temps, les seuls lanceurs de balles de défense (LBD) - ces armes, qui tirent des projectiles en caoutchouc -, dont les stocks de munitions ne seront pas renouvelés.
Le maire se veut toutefois rassurant : il ne s’agit pas de désarmer totalement les agents, mais de "réinterroger l’ensemble de l’armement", en concertation avec la hiérarchie, les personnels et les habitants. L’objectif affiché est de renforcer "une police municipale de proximité, sans réduire les effectifs" selon ses propos.
Sollicité par l'AFP, le ministre de l'Intérieur a rappelé que "c'est au maire de choisir ou non d'armer sa police municipale", ajoutant qu'"armer, par des armes intermédiaires et-ou létales, sa police municipale participe au renforcement du continuum de sécurité". Avant de nuancer : "Les policiers municipaux sont aussi pris pour cible et, être armé, c'est un élément de protection et de dissuasion".
Depuis 2020, la municipalité précédente avait fait de la sécurité une priorité, avec un renforcement massif des moyens. Les effectifs avaient fortement augmenté avec un effectif qui compte environ 160 agents, pour la plupart armés. Mais pas que, la ville s’était dotée de pas moins de 850 caméras de vidéosurveillance. Avant 2020, les policiers municipaux ne disposaient pas d'armes.
L’annonce a suscité de fortes inquiétudes au sein du corps de métier. Une source au sein de l'ancienne administration a ainsi assuré jeudi 26 mars à l'AFP qu'"il y a eu 90 demandes de mutation qui ont été faites au sein de la police municipale" et qu'"il y a aussi beaucoup de départs dans le reste de l'administration". Selon Le Figaro, pour le moment, une seule demande de mutation a officiellement été traitée administrativement.
Un policier, interrogé par Le Figaro, a dénoncé une décision "irresponsable" avant d'ajouter "c’est nous faire courir des risques énormes".
Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, les internautes ont été nombreux à saluer la mesure, estimant que la réduction de l’armement pourrait limiter les "bavures policières". Un créateur de contenus a commenté sur la plateforme : "Rassurez-vous [avec cette mesure] il n’y aura plus de crime". Un autre a exprimé : "Quand on leur enlève le droit de tuer, ils ne veulent plus travailler soudainement". On peut aussi lire : "On va tous postuler dans la ville".
Les habitants, eux, ont un avis divisé. "Il faut garder les armes. Ils sont obligés sinon qu'est-ce qu'ils ont comme garantie ? Rien", a partagé une passante auprès de Franceinfo. D'autres ont exprimé le souhait de leur retrait. "On ne veut pas de cow-boys, on veut une police de proximité. Le LBD, on a vu ce que ça a donné", a justifié un riverain. "C'est important de revenir dans une relation de confiance et de vivre ensemble. Je pense qu'on n'a pas besoin d'armes", a confié une femme auprès du même média.
Les syndicats eux, craignent, un affaiblissement de la police municipale. "C'est une manière de travailler qui sera fondamentalement différente. Les policiers municipaux ne pourront pas s'exposer, ne pourront pas intervenir", a ajouté Cédric Michel, président du Syndicat de défense des policiers municipaux auprès de Franceinfo.
À l’extrême droite, les critiques sont plus vives. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a ainsi exprimé sur X ce jeudi 26 mars que les communes RN seraient "des terres d'asile pour tout policier municipal qui souhaite œuvrer à la sécurité en étant soutenu et respecté !".
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