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Présidentielle 2017 : "Charlie Hebdo" interpelle les abstentionnistes

REPLAY - Dans son nouveau numéro, le journal satirique critique Jean-Luc Mélenchon, coupable "de ne pas se mouiller et de laisser les autres le faire".

Bureau de vote à Paris lors du premier tour de la présidentielle
Bureau de vote à Paris lors du premier tour de la présidentielle
Crédit : Emilio Morenatti/AP/SIPA
Présidentielle 2017 : "Charlie Hebdo" interpelle les abstentionnistes
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Présidentielle 2017 : "Charlie Hebdo" interpelle les abstentionnistes
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Adeline François

Il n'y a pas eu de débat. Parce que pour eux c'est une évidence, même si c'est inédit. Il n'y a pas de dessin cette semaine en une de Charlie Hebdo, à quatre jours du second tour de la présidentielle. Pas de dessin, juste une question écrite en blanc sur fond noir : "Faut vraiment vous faire un dessin ?" Charlie qui se prononce pour le "ni-ni" sous la plume de Riss, ni abstentionniste, ni abstentionniste. 

"Un slogan, écrit-il, est apparu cette semaine, ni banquier ni raciste. Les antiracistes n'auraient donc pas de compte en banque et planqueraient leurs économies dans une lessiveuse enterrée au fond de leur jardin. On peut tout renvoyer dos à dos comme le fait Jean-Luc Mélenchon, 'l'extrême finance et l'extrême droite', renvoyer dos à dos le communisme et le capitalisme, les islamistes et les caricaturistes, la peste et le choléra." "Ce non-choix est en fait un choix, écrit Riss. Celui de ne pas se mouiller et de laisser les autres le faire. C'est un peu comme dans le métro quand une femme se fait agresser sous les yeux des passants indifférents qui se disent : 'il y a bien quelqu'un qui va s'en occuper, moi j'ai pas le temps'." "Dimanche, conclut Riss, il faudra choisir si vous vous arrêtez pour faire un geste ou si vous passez votre chemin."

Le débat comme un combat de boxe

Et avant cela, il y a le face-à-face de ce soir. Le débat télévisé entre les deux candidats occupe la plupart des unes de vos journaux ce matin. "Le grand soir de l'ultime face-à-face", titre Paris Normandie, "le choc frontal" en manchette de La Charente Libre, "l'heure des clarifications" en une des DNA. "Un débat pour l'histoire", titre carrément Le Parisien-Aujourd'hui en France. Les mots des éditorialistes empruntent au lexique de la guerre ou de la boxe, c'est selon. Pour Jean-Louis Hervois, de La Charente Libre, "il revient à Emmanuel Macron la charge de contenir les assauts du bulldozer sans se faire écraser. À lui de rester dans la zone de tir tout en échappant aux balles". "Marine Le Pen n'a plus le choix dans ce qui s'apparente à un dernier round", explique dans L'Est Républicain Philippe Marcacci, pour qui la candidate du FN va jouer "son va-tout" et "ne saurait miser sur une victoire aux points. Elle est condamnée à la victoire par KO. Autrement, ce sera la défaite".

"Jamais combat de boxe n'aura eu droit à une telle campagne de communication", relève Sébastien Lacroix, dans L'Union-L'Ardennais. "Ce sera du lourd et du brutal", renchérit Patrice Chabanet, du Journal de la Haute-Marne. Alors comme avant un combat de boxe, on tente de percer la stratégie de l'adversaire. Photo face à face dans Le Parisien-Aujourd'hui en France : "Macron veut la démasquer, Le Pen veut le faire craquer". "Dans cette arène moderne, écrit le journal, il faut espérer que la recherche du KO par la petite phrase ne soit pas le coeur de l'exercice. Cela ne dure qu'une soirée. Alors que les programmes des duettistes vont engager le pays pour cinq ans."

L'anecdote de Moati sur le débat Giscard-Mitterrand

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La petite phrase, celle qui restera dans l'histoire. La presse revient bien sur ce matin sur les débats précédents qui sont restés dans l'histoire, vous aurez votre dose de "monopole du coeur" et de "moi, président". Le Monde de cet après-midi a même convoqué Serge Moati, conseiller audiovisuel de Mitterrand en 1981, c'est à lui que l'on doit la charte de réalisation des débats présidentiels en vigueur depuis 36 ans. Il l'avait rédigée en étant certain qu'elle serait refusée par le service public, mais à sa grande surprise toutes les conditions avaient été acceptées, longueur de la table, choix des journalistes, conseiller des deux camps en régie pour surveiller le réalisateur et absence de plans de coupe. Serge Moati avait aussi longuement expliqué à Mitterrand que la télé c'était un langage et une mise en scène, et c'est ainsi que lors du débat face à Giscard, Mitterrand avait placé devant lui un dossier sur lequel il tapotait de temps à autre. Persuadé qu'il contenait des documents sur l'affaire des diamants, Giscard resta sur la défensive. "En réalité, avoue Serge Moati aujourd'hui, le dossier était vide mais il avait fait son effet." 

Voilà qui ne nous rajeunit pas. "Et peut-être faudra-t-il s'habituer", prévient ce matin Le Figaro qui veut nous alerter sur la France déchirée qui verrait le jour au lendemain d'une éventuelle élection d'Emmanuel Macron. "La France sera coupée en deux", écrit Jean-Pierre Robin, qui est le premier à remarquer qu'avec ses 39 ans et 4 mois, Emmanuel Macron a l'âge médian des Français, celui qui découpe en deux parts égales les 66 millions de la population (ceux qui ont plus et ceux qui ont moins). Or ces deux groupes sont strictement équivalents. "Emmanuel Macron président, c'est le coup de vieux assuré pour 33 millions de Français", écrit le journaliste qui reconnaît que le sentiment peut paraître trivial mais il a son importance. Aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années, a-t-on appris à l'école, mais il n'en existe pas moins une certaine méfiance à l'égard des trop jeunes dirigeants et elle remonte loin. "Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant et dont les princes mangent dès le matin", rappelle Jean-Pierre Robin, qui se souvient que le mot sénat vient du latin sennex, qui signifie vieux.

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