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Pierre Arpaillange, ancien ministre de la Justice, est mort à l'âge de 92 ans

L'ancien garde des Sceaux et président de la cour des Comptes s'est éteint le 11 janvier.

Pierre Arpaillange, ancien ministre de la Justice, le 8 juillet 1988
Pierre Arpaillange, ancien ministre de la Justice, le 8 juillet 1988
Crédit : Jean-Loup GAUTREAU / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Ministre de la Justice sous la présidence de François Mitterrand et la gouvernance de Michel Rocard, Pierre Arpaillange est décédé mercredi 11 janvier à l'âge de 92 ans, a annoncé son épouse à l'AFP. Né le 13 mars 1924 à Carlux (Dordogne), il était resté à ce poste un peu plus de deux ans, entre mai 88 et octobre 90, avant de confier la Chancellerie à Henri Nallet. Pierre Arpaillange était resté plus longtemps à la tête de la Cour des comptes, dont il était le 32e premier président entre octobre 90 et mars 93.

Ce magistrat avait également été, dans les années 1980, procureur général près la cour d'appel de Paris, puis procureur général près la Cour de cassation. Cet ancien résistant, qui avait débuté comme juge suppléant au tribunal d'Orléans, avait terminé une carrière de 45 ans au service de l'État comme premier président de la Cour des comptes, de 1990 à 1993. 

Gaulliste, il a été, de 1967 à 1974, directeur de cabinet de trois gardes des Sceaux: Jean Foyer, Louis Joxe et Jean Taittinger. Il a aussi dirigé la campagne présidentielle, en 1981, de Marie-France Garaud. Au printemps 1988, au lendemain de la première cohabitation, le président François Mitterrand fait appel à ce réformiste élégant et à l'allure élancée pour succéder, comme garde des Sceaux, à Albin Chalandon. 

Son manque de maîtrise des codes de la politique lui vaut de passer 27 mois difficiles à la Chancellerie, où il accumule ce qui apparaît comme des bourdes. Il est notamment régulièrement chahuté à l'Assemblée nationale, où sa voix ne porte pas. Lors d'une séance en 1990, il lance cette fameuse phrase devenue objet de moqueries : "En 1989, sur 52 évadés, on en a repris 53". "Durant mon passage au gouvernement, j'ai appris douloureusement qu'en politique, il pouvait ne pas y avoir de limites à la dureté", confie-t-il quelques jours seulement après avoir quitté le gouvernement, en octobre 1990. 

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