- 09m44s
3 min de lecture
Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, dans RTL Matin le 24 juin 2026.
Crédit : RTL
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Mettre RTL en favori sur Google
Faut-il inscrire dans la loi une température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler ? Face à la canicule qui touche actuellement le pays, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou écarte cette option.
Invité de RTL ce mercredi 24 juin, il juge qu'un seuil unique ne serait ni réaliste ni efficace. "Le débat peut être intéressant, mais on la fixe à quel niveau ?", demande-t-il. Selon lui, un plafond trop bas reviendrait à stopper une partie de l'activité pendant l'été, tandis qu'un seuil trop élevé pourrait laisser des salariés travailler dans des conditions dangereuses. "La bonne idée, ce n'est pas fixer une température, c'est d'avoir des mesures adaptées", affirme-t-il. Et il prévient : "On ne va pas mettre le pays à l'arrêt parce qu'il fait 30 degrés".
Pour le ministre, la réponse passe d'abord par l'adaptation du travail aux niveaux d'alerte. Il rappelle qu'"un plan (...) pour faire face à cette chaleur intense" est déjà en place, avec un décret publié l'an dernier qui "oblige les entreprises à adapter les conditions de travail au niveau de vigilance, jaune, orange, rouge".
Le dispositif vise en particulier les salariés exposés à l'extérieur, "en particulier pour le BTP". Jean-Pierre Farandou insiste aussi sur la responsabilité des employeurs et sur les contrôles engagés par l'État. "J'ai renforcé ce plan par des contrôles", ajoute-t-il.
Le ministre défend aussi les arrêtés préfectoraux permettant de modifier les horaires de travail, notamment pour faire commencer certains chantiers plus tôt le matin. Si un maire s'y oppose au nom des nuisances sonores, "c'est le préfet" qui l'emporte, assure-t-il.
"Il ne faut pas être égoïste. Il faut penser d'abord à la protection des salariés qui travaillent à l'extérieur", insiste Jean-Pierre Farandou. Selon lui, les riverains peuvent entendre que "leur sommeil sera peut-être un peu dérangé à partir de 6h du matin" si cela permet d'éviter les heures les plus dangereuses.
Le ministre reconnaît par ailleurs que la chaleur a déjà des effets sur l'activité. Il évoque "une forme de ralentissement qui est liée à la chaleur" et estime que la France doit désormais apprendre à vivre comme "un pays européen chaud, à l'image de l'Espagne, de l'Italie ou de la Grèce". À ses yeux, l'adaptation ne concerne pas seulement le travail, mais plus largement l'organisation de la société.
Jean-Pierre Farandou dit vouloir ouvrir ce chantier avec les partenaires sociaux. Il annonce une discussion pour tirer les leçons de l'épisode actuel et "préparer (...) les canicules à venir".
Parmi les pistes évoquées : les horaires, les équipements, mais aussi des changements plus larges dans les habitudes collectives. "On peut travailler là-dessus, sur les horaires, sur les équipements", explique-t-il, en citant aussi "des vêtements de travail qui sont réfrigérés".
Le ministre élargit même la réflexion à d'autres domaines : "Est-ce qu'il faut que tous les examens dans ce pays se passent au mois de juin ? Est-ce que les finales de sport doivent se faire en juin ?"
Sur la proposition des Écologistes d'un "congé climatique" de cinq jours par an, Jean-Pierre Farandou se montre en revanche très réservé. "Au fond de moi, je pense que ce n'est pas la solution", tranche-t-il. Il rappelle que le dispositif espagnol souvent cité en exemple est né après les inondations à Valence, quand les salariés ne pouvaient pas se rendre au travail.
Selon lui, cela ne répond pas directement à la question de la santé au travail en période de forte chaleur. Il met aussi en avant son coût : "Il y en a quand même pour 4 ou 5 milliards".
Enfin, interrogé sur les difficultés des parents lorsque les écoles ferment ou tournent au ralenti à cause de la chaleur, le ministre appelle à des réponses de court et de long terme. Il juge qu'il ne faut "pas renoncer à l'idée peut-être de climatiser les écoles". Et, dans l'immédiat, il évoque l'idée de "peut-être revenir à du télétravail" pour permettre à certains parents de garder leurs enfants, à condition que cela repose sur "le volontariat".
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte