3 min de lecture Affaire Bygmalion

"Nicolas Sarkozy ment" : Jérôme Lavrilleux tacle sévèrement l'ancien président dans l'affaire Bygmalion

Dans "l'Obs", Jérôme Lavrilleux étrille Nicolas Sarkozy qu'il accuse de se défausser.

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"Nicolas Sarkozy ment" : Jérôme Lavrilleux tacle sévèrement l'ancien Président dans l'affaire Bygmalion Crédit Image : KENZO TRIBOUILLARD / AFP | Crédit Média : Benjamin Sportouch | Durée : | Date :
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et Benjamin Sportouch

C'est l'homme-clef de l'affaire Bygmalion. Pour la première fois, Jérôme Lavrilleux cible frontalement Nicolas Sarkozy. Jérôme Lavrilleux, qui fut directeur de cabinet de Jean François Copé à l'UMP, et l'un des patrons de la campagne de 2012, accorde une interview explosive à nos confrères de l'Obs dans le numéro à paraître jeudi 15 octobre. Il accuse Nicolas Sarkozy de "se défausser" et de ne pas "assumer" ses responsabilités dans ce système de fausses factures durant sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy fait de son côté savoir par son entourage contacté par RTL qu'il ne "prête pas d'attention à ces déclarations".

"Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit, et dont j'ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd'hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, explique Jérôme Lavrilleux, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire 'Bygmalion' mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, déclare le député européen. Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n'y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne... C'est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : 'C'est pas moi, c'est l'autre'. Dans Bygmalion, il dit : 'C'est pas moi, c'est Copé'. Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L'ingratitude est la marque des faibles", assène Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire.

Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L'ingratitude est la marque des faibles

Jérôme Lavrilleux
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"Nicolas Sarkozy ment", accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l'ancien chef de l'État pour qui Lavrilleux était bel et bien au courant de l'état financier de sa campagne présidentielle. Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l'existence d'un système de fausses factures mais à d'autres fins, entre l'UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations Sarkozy-Copé ces dernières semaines. 

Cinq figures de l'affaire Bygmalion se sont retrouvées chez les juges d'instruction vendredi 9 octobre pour une longue confrontation, la plus importante depuis le début de cette enquête. Parmi les cinq mis en examen arrivés au pôle financier dans la matinée, Franck Attal, le patron d'Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, et Jérôme Lavrilleux, qui avaient révélé ce système frauduleux au printemps 2014.  

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Étaient également présents le directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, l'ancien directeur général de l'UMP, Éric Cesari, et l'ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, qui nient avoir  participé à une fraude. Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d'imputer à l'UMP environ 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette "ventilation" : dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 millions d'euros). 

Je n'ai pas envie d'apprendre à nager dans 20 centimètres d'eau comme Robert Boulin

Jérôme Lavrilleux
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"L'erreur majeure de Nicolas Sarkozy, poursuit Jérôme Lavrilleux, est d'avoir pris pour mener sa campagne des gens qui le traitaient en fait comme un président de la République, dont les désirs étaient des ordres". S'il se dit personnellement "serein et confiant", il lui arrive "d'avoir peur". "Je n'ai pas envie d'apprendre à nager dans 20 centimètres d'eau comme Robert Boulin. J'ai dit à mes proches que si un jour j'avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C'était de l'humour noir... Quoique", lâche-t-il.
 
Jérôme Lavrilleux assure voir "une ou deux fois par mois", pour "une conversation amicale", son ancien patron, Jean-François Copé, "quelqu'un qui ne lâche pas les gens". Jean-François Copé se lancera-t-il dans la primaire pour 2017 ? À la rentrée, "il a très exactement réuni 45 parlementaires (...) Or, je remarque qu'il faut le soutien de 20 parlementaires pour la primaire de l'UMP", prévient-il. Il revient aussi sur la bataille fratricide Copé-Fillon de 2012 pour la présidence de l'UMP : "Pour un certain microcosme, la victoire revenait forcément au notaire de province" Fillon "et pas au juif" Copé.

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