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Migrants : "La France n'hésitera pas à rétablir temporairement le contrôle aux frontières", annonce Manuel Valls

Le Premier ministre assure qu'il refuse le discours "il faut tout fermer" comme celui "il faut tout ouvrir", à propos de l'arrivée des réfugiés.

Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 15 septembre 2015.
Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 15 septembre 2015. Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
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Alors que se tient ce mercredi 16 septembre un débat à l'Assemblée nationale sur l'accueil des réfugiés, Manuel Valls a prôné un "cœur intelligent, un cœur ferme" dans la gestion de l'accueil des réfugiés, car l'"émotion (...) ne peut être le seul guide de l'action publique". Il a par ailleurs déclaré que face à l'arrivée des migrants, il refusait le discours de ceux qui "nous disent il faut tout fermer", comme de ceux qui disent, à l'inverse, "il faut tout ouvrir".

"Certains nous disent 'il faut tout fermer'. Dire cela, c’est fermer les yeux sur les réfugiés qui meurent à nos portes. D’autres disent, à l'inverse, 'il faut tout ouvrir'. Dire cela, c’est fermer les yeux sur les réalités et les difficultés de la société française... Mon devoir, celui du gouvernement, c’est être lucide, car nous sommes aux responsabilités", a lancé le Premier ministre.

Le rétablissement des contrôles aux frontières envisagé

Dans ce cadre, le chef du gouvernement a par affirmé que la France n'"hésitera pas" à rétablir temporairement le contrôle aux frontières, comme elle l'a déjà fait à la frontière franco-italienne et comme vient de le faire l'Allemagne, "si nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines". "Nous avons déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires à cette frontière. Et nous n'hésiterons pas à le faire de nouveau comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l'imposent, si c'est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines".

Il a par ailleurs précisé que la France comptait procéder à 16.000 éloignements forcés d'étrangers en situation irrégulière cette année, après les 15.000 en 2014. Il a souligné que les les retours forcés vers les pays n’appartenant pas à l’Union européenne "ont augmenté de 40 % en 2014". Cet effort "sans précédent" est également "indispensable si nous voulons mettre en œuvre une politique migratoire soutenable et si nous voulons préserver le droit d’asile", a-t-il ajouté.

"Un renforcement" de Schengen

Le Premier ministre a de nouveau plaidé pour une meilleure coopération européenne, avec la répartition des demandeurs d'asile entre les pays et des frontières extérieures de l'Union européenne qui soient "tenues". "Nos frontières externes doivent être tenues, tenues oui, et collectivement. La situation de la Grèce le montre chaque jour, tout comme la décision prise, dimanche, par l’Allemagne et d'autres pays de rétablir temporairement des contrôles à ses frontières. Et je le répète : nous n’hésiterons pas à prendre ce type de décision".

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Le Premier ministre a défendu un "renforcement" de Schengen, l'espace de libre circulation des biens et des personnes de l'UE. "Schengen, c’est la libre circulation des personnes. Il s’agit d’un élément de notre identité, et de notre sécurité. Mais Schengen, c’est aussi le contrôle des frontières externes, sinon, cela ne marche pas", a-t-il dit.

279 millions d'euros supplémentaires pour les réfugiés

Le gouvernement va par ailleurs débloquer 279 millions d'euros supplémentaires en 2016 pour financer l'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile en France. François Hollande a assuré la semaine précédente que la France accueillerait 24.000 personnes de plus en deux ans.

Le Premier ministre a également annoncé une hausse de 250 millions d'euros des crédits dédiés "à l’hébergement d’urgence et à la veille sociale
" sur les douze mois à venir, dont 130 millions "dès le mois prochain". "La solidarité, c’est garantir un accueil des réfugiés et demandeurs d’asile", a souligné le Premier ministre lors d'un débat parlementaire consacré à l'accueil des réfugiés, tout en soulignant que cette solidarité "ne doit pas dégrader la situation de celles et ceux de nos concitoyens qui ont besoin d’être aidés".

900 policiers supplémentaires

Dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière, Manuel Valls a annoncé la création de 900 postes supplémentaires dans les forces de l'ordre, notamment dans la police aux frontières, "compte tenu de cette charge nouvelle qui pèse sur les services" avec les éloignements forcés et "pour ne pas affaiblir les dispositifs liés à la lutte contre le terrorisme et la délinquance."

Ces effectifs supplémentaires coûteront 40 millions en année pleine, a précisé à l'AFP l'entourage du chef du gouvernement.

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