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Le RN fait une percée historique au Sénat : après un groupe, le parti va-t-il décrocher une vice-présidence pour la première fois ?

Le Rassemblement national peut espérer décrocher, ce mardi, l'une des huit vice-présidences du Sénat après sa percée aux élections sénatoriales. Ce possible gain de pouvoir au Palais du Luxembourg se ferait au détriment d'autres groupes comme Les Indépendants - République et Territoires, où Horizons est majoritaire, fragilisé par ses divisions internes.

Le Sénat, le 21 juillet 2026

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Eléonore Aparicio

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Le Rassemblement national pourrait franchir, mardi 6 octobre, une nouvelle étape dans son implantation au Sénat. Pour la première fois, un groupe composé d'élus RN peut prétendre à l'une des huit vice-présidences de la Haute Assemblée. Une perspective rendue possible par le nouveau rapport de force issu des élections sénatoriales. 

La bataille pourrait se jouer à quelques sénateurs près. Le groupe Union Nationale des Territoires, présidé par Edwige Diaz, compte désormais 15 élus. Soit exactement autant que le groupe Les Indépendants – République et Territoires (LIRT), présidé par Claude Malhuret, qui détient actuellement l’une des huit vice-présidences du Sénat. Le groupe écologiste compte lui aussi 15 sénateurs.

Il y a encore quelques jours, le scénario semblait difficile à envisager. Le RN ne disposait même pas d’un groupe au Palais du Luxembourg, faute d’atteindre le seuil de dix sénateurs nécessaire pour en constituer un. À l’inverse, LIRT comptait 20 élus et détenait l’une des huit vice-présidences du Sénat, occupée jusqu’ici par Alain Marc.

Un équilibre bouleversé

Pour comprendre ce qui se joue, il faut se pencher sur le fonctionnement particulier de la Haute Assemblée. Le président du Sénat, Gérard Larcher, n'est pas seul à diriger l'institution. Il est entouré d'un Bureau de 26 sénateurs, composé notamment de huit vice-présidents, trois questeurs et quatorze secrétaires. Les vice-présidents jouent un rôle important dans le fonctionnement quotidien de l’institution, ils peuvent remplacer le président du Sénat et présider les séances dans l’hémicycle.

Ces postes ne sont pas simplement distribués par Gérard Larcher. Leur répartition doit refléter le poids des différents groupes politiques. Après chaque renouvellement du Sénat, les compteurs sont donc remis à zéro. Pour les postes de vice-présidents et de questeurs, les présidents de groupe se réunissent et établissent leurs listes en fonction d’une répartition à la représentation proportionnelle au plus fort reste, en tenant également compte du groupe auquel appartient le président du Sénat.

Autrement dit, il n’existe pas un nombre précis de sénateurs garantissant une vice-présidence. Tout dépend du poids de chaque groupe par rapport aux autres et du résultat de cette répartition. 

Avec 15 sénateurs, Union Nationale des Territoires pèse désormais exactement autant que LIRT et que le groupe écologiste. Cela ne signifie pas que le RN obtiendra automatiquement une vice-présidence, ni qu’il récupérera celle actuellement occupée par Alain Marc. Mais, pour la première fois, le parti dispose d’un groupe suffisamment important pour peser directement dans la répartition de ces postes.

Une fronde interne au sein du groupe LIRT

Le groupe LIRT, qui compte une majorité d'élus Horizons mais rassemble également d'autres sensibilités, disposait jusqu'ici d'une vice-présidence occupée par Alain Marc. Après les élections sénatoriales, son poste à la vice-présidence est devenu incertain. Dans les jours suivant le scrutin, Claude Malhuret a dû faire face à une contestation interne menée par Louis Vogel, sénateur Horizons de Seine-et-Marne. Celui-ci a envisagé de contester la direction du groupe, tandis que plusieurs élus réfléchissaient à une possible scission. 

Parallèlement, des sénateurs proches de Nouvelle Énergie, le mouvement de David Lisnard, travaillaient à la possibilité de créer un nouveau groupe d’indépendants et de libéraux. Les deux démarches ont fini par se rejoindre : pendant quelques jours, plusieurs sénateurs ont sérieusement envisagé de quitter leurs groupes respectifs pour constituer une nouvelle formation au Palais du Luxembourg.

Le projet n’a finalement pas abouti. Claude Malhuret a été reconduit à la présidence des Indépendants par les seize sénateurs présents. Quatre élus étaient toutefois absents, parmi lesquels Louis Vogel et Alain Marc, le vice-président sortant du Sénat. Le groupe n’a pas réussi à préserver l’ensemble de ses effectifs : de 20 sénateurs avant le renouvellement, il passe finalement à 15. Une baisse significative, mais moins importante que ce que laissaient craindre les tensions des derniers jours.

Un mardi décisif pour le nouveau groupe RN

Les noms des vice-présidents du Sénat seront connus ce mardi. À 10 heures, les présidents de groupe doivent se réunir pour établir les listes de candidats aux fonctions de vice-président, questeur et secrétaire. Elles doivent être déposées avant midi, avant la constitution définitive du Bureau en séance publique.

Si le nouveau groupe obtient une vice-présidence, le RN aura réussi en quelques jours une double percée au Sénat. Le parti aura d’abord constitué un groupe suffisamment nombreux pour peser dans la Haute Assemblée, avant d’obtenir l’un des huit postes de vice-président.
Le symbole serait important pour un parti longtemps resté marginal au Palais du Luxembourg. Le Front national n’avait fait son entrée au Sénat qu’en 2014 avec deux élus, trop peu nombreux pour constituer un groupe. Un basculement qui pourrait bien se faire au détriment du parti d'Édouard Philippe. 

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