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"Le mouvement a réussi parce qu'on ne l'attendait pas" : pourquoi un retour des Gilets jaunes comme en 2018 semble improbable

Alors que le litre de gazole a dépassé 2,39 euros en France, le sociologue Antoine Bernard de Raymond explique sur RTL pourquoi un mouvement d'ampleur comparable à celui de 2018 lui paraît peu probable. Entre contexte politique différent, crise mondiale du pétrole et absence d'effet de surprise, la situation a considérablement changé.

Un "gilet jaune" affronte un policier à Strasbourg, le 1er décembre 2018

Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP

Antoine Bernard de Raymond explique pourquoi un retour des Gilets jaunes comme en 2018 semble improbable

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Vincent Parizot & La rédaction numérique de RTL

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Face à la hausse des prix du carburant, certains se demandent si le mouvement des Gilets jaunes pourrait reprendre. Ce vendredi 18 septembre, le prix moyen en France d'un litre de gazole a dépassé 2,39 euros


Cette moyenne, calculée par l'AFP à partir des prix affichés pour plus de 9.000 stations-service sur le site Prix-carburants.gouv.fr du ministère de l'Économie, dépasse ainsi son pic d'avril 2026, d'un peu plus de 2,38 euros. 

À Marseille, une centaine de manifestants vêtus du gilet devenu un symbole politique s’est réunie samedi 19 septembre pour dénoncer un pouvoir d'achat en berne. 

Faut-il pour autant s’attendre à un mouvement d'ampleur ? Pour Antoine Bernard de Raymond, sociologue à l'INRA et co-auteur du livre Sociologie des Gilets jaunes : reproduction et luttes sociales (2024), rien n'est moins sûr. 

Un mouvement qui a surpris

"Les Gilets jaunes ont été un mouvement populaire de très grande ampleur et qui a réussi parce qu'on ne l'attendait pas", explique-t-il au micro de RTL. "Et aujourd'hui, on a renversé la perspective, on attend son retour. Je crois qu'une des clés du succès des Gilets jaunes à l'époque, c'était justement que ça avait pris de court, ça avait surpris un peu tout le monde, y compris les participants qui ne s'attendaient pas à aller aussi loin dans leurs actions", poursuit-il.

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Pour l’expert, s’il devait y avoir un retour de la contestation, elle ne prendrait donc pas le même format qu'en 2018.

Le contexte politique a d'ailleurs changé : "En 2018, on était un an après la présidentielle avec un pouvoir qui était nouveau, une nouvelle formation politique, un nouveau style de gouvernement qui avait cristallisé un certain rejet dans la population", explique-t-il. 

Et d’ajouter : "On est dans une perspective où, dans quelques mois, c’est la présidentielle. Donc on a le sentiment que dans six mois, les cartes peuvent être rebattues."

Le chef des communistes, Fabien Roussel, a de son côté demandé la fin du racket, appelant les Français à se mobiliser dans la fonction publique le 29 septembre. Un clin d'oeil aux Gilets jaunes ? Sans aucun doute.

"Les difficultés actuelles touchent beaucoup plus largement la population et les entreprises. En 2018, c'était une décision d'augmentation d'une taxe qui touchait le diesel. Là, c'est l'ensemble des carburants qui sont touchés", explique Antoine Bernard de Raymond. Avant de conclure : "L'autre aspect que je tiens à mettre en avant, c'est qu'en 2018, les Gilets jaunes, c'était la France et uniquement la France, alors que là, c'est une conjoncture mondiale. Il peut y avoir des troubles sociaux, quasiment sur tous les continents, puisque à peu près toutes les économies du monde dépendent du pétrole."

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