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"La violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays" : Sébastien Lecornu accuse LFI de "semer le chaos" à travers le mouvement lycéen

En pleine mobilisation lycéenne, Sébastien Lecornu a dénoncé, ce mardi 6 octobre à l'Assemblée nationale, l'attitude de La France insoumise, accusée de "semer le chaos" et d'entretenir un climat de violence.

Sébastien Lecornu et Mathilde Panot

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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Une première prise de parole attendue. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée ce mardi 6 octobre, Sébastien Lecornu s'est exprimé sur le mouvement de blocage des lycées qui a débuté il y a quinze jours. 

Après avoir dressé "le bilan le plus lourd depuis des décennies" du nombre de blessés tant du côté des élèves, que des forces de l'ordre et du personnel de l'Éducation nationale, le chef du gouvernement s'est livré à une vive passe d'armes avec la présidente des députés insoumis, Mathilde Panot. 

Dans une longue tirade, Sébastien Lecornu a ainsi accusé le mouvement représenté par Jean-Luc Mélenchon d'avoir le "projet politique" de "bordéliser le pays" avant l'élection présidentielle et de "semer le chaos" depuis le début du mouvement des lycéens. 

"Nous ne vous laisserons pas faire"

"Pourquoi le député Raphaël Arnault qui a été condamné pour violence en réunion (...) est toujours membre de votre groupe ?", demande Sébastien Lecornu. "Pourquoi le maire de Saint-Denis (Bally Bagayoko, ndlr) a-t-il légitimé la violence (...) Pourquoi monsieur Mélenchon a été condamné pour rébellion lors d'une perquisition menée par l'autorité judiciaire, pourquoi votre candidat à l'élection présidentielle fait-il des jeux de mots pour le moins nauséabonds avec un relent antisémite", a-t-il déclaré. 

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Avant de conclure : "Pourquoi mettre un brassard blanc pour mieux faire la courte échelle à ceux qui ont une cagoule noire". 

Sébastien Lecornu a poursuivi sous de vives réactions au cœur de l'hémicycle. "La réalité, c'est que vous êtes ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle", a-t-il lancé en s'adressant à la députée.

"Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen est un scandale" et "nous ne vous laisserons pas faire", a-t-il déclaré. 

"Vous faites honte à la France !"

Quelques minutes plus tôt, Mathilde Panot a interpellé le chef du gouvernement. "On ne brutalise pas les enfants ! On ne dresse pas la jeunesse comme un adversaire militaire ! Ces scènes défigurent l'idée que nous nous faisons de notre pays", s'est-elle indignée. "Vous faites honte à la France !", a-t-elle poursuivi sous les applaudissements de son groupe de députés.

"Vos jours à la tête de l'ultime gouvernement d'Emmanuel Macron sont comptés. Vous nous ferez honte jusqu'au dernier (...) Vous jouez le pourrissement et déchainez une répression inédite contre les manifestants", a-t-elle dénoncé.

Elle a ensuite mis en cause la responsabilité de Sébastien Lecornu. "Les policiers exécutent vos ordres en affirmant qu'aucune consigne de retenue n'avait été communiquée et qu'ils pouvaient utiliser tout l'armement à leur disposition. Vous avez autorisé le pire", a-t-elle martelé en évoquant "une répression sauvage".

"Proxys" contre "complotisme"

Ce n'est pas la première fois que l'exécutif et la France insoumise se livrent à une bataille de mots sur le mouvement de blocage des lycées. Le 1er octobre, Matignon avait déjà mené une vive charge contre la France insoumise. Le mouvement de blocus est une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche", indiquait-on dans l'entourage du Premier ministre, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.

Les services du Premier ministre dénonçaient l'existence d'un "constat partagé par les services de renseignement sur l'origine du mouvement".

La réponse de LFI n'avait pas tardé puisque le coordinateur du mouvement Manuel Bompard a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme". "J'appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né d'une exaspération face à des conditions d'éducation absolument indignes (...) Il est temps que le Premier Ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation", a déclaré à l'AFP Manuel Bompard.

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