3 min de lecture La France insoumise

La France insoumise mise sur l'ouverture à gauche pour rassembler

Se revendiquant première force d'opposition à Emmanuel Macron, le parti de Jean-Luc Mélenchon, réuni de jeudi à dimanche à Marseille pour ses "Amfis" d'été, appelle à l'unité pour mieux prouver qu'elle est incontournable.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 2 juillet 2018 à Madrid
Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 2 juillet 2018 à Madrid Crédit : AFP / JAVIER SORIANO
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

Opération portes-ouvertes pour La France insoumise ! Se revendiquant première force d'opposition à Emmanuel Macron, le parti de Jean-Luc Mélenchon, réunie du jeudi 23 au dimanche 26 août à Marseille pour ses "Amfis" d'été, affiche son ouverture pour mieux prouver qu'elle est incontournable et, pourquoi pas, engranger des ralliements

Les cadres de La France insoumise l'assurent en chœur : le mouvement a toujours été ouvert. Quel meilleur endroit pour le prouver, disent-ils, que les "Amfis", où près de 150 ateliers et conférences se succèdent avec une pluralité d'intervenants ? Mais cette année, ont été aussi invités des parlementaires d'autres partis à gauche, comme la députée européenne écologiste Karima Delli et le député socialiste Boris Vallaud.

Afficher une centralité de la France insoumise

Ils participeront à des conférences-débats sur des sujets bien précis (Alstom, le service national...) Mais l'idée est bel et bien d'afficher la vocation de centralité de LFI, qui dans les sondages apparaît comme incarnant le mieux l'opposition à Emmanuel Macron : "Ça nous donne une responsabilité, celle de tendre la main et d'ouvrir les bras", souligne Manuel Bompard, directeur des campagnes de LFI et possible tête de liste pour les élections européennes. 

La France insoumise a désigné la plupart de ses candidats pour cette échéance, mais a laissé d'autres positions ouvertes pour les représentants de la société civile... et d'autres personnalités à gauche qui se rallieraient. L'une des prises éventuelles serait symboliquement forte : des discussions ont lieu entre les Insoumis et Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche du PS et membre de son bureau national. 

Emmanuel Maurel pas fermé à un possible ralliement

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Le député européen doit participer à une conférence samedi 25 août. Jean-Luc Mélenchon devrait se rendre en retour à une réunion que le premier co-organise avec une autre membre de l'aile gauche du PS, bien connue du leader insoumis : Marie-Noëlle Lienemann. Ce type de ralliement, "on verrait ça d'un très bon œil, si cela se fait sur la base d'une clarification programmatique", confie Danielle Simonnet, conseillère municipale LFI à Paris et co-présidente du Parti de gauche.  

Selon elle, tandis que "le pouvoir a fait la preuve de son sectarisme", "il est important qu'on montre qu'il y a du débat dans l'opposition". Emmanuel Maurel, lui, admet : "On a plus d'accords que de désaccords, notamment pour contrecarrer les projets du gouvernement, sur les retraites, le gel des minima sociaux, les privatisations...".  Pour autant, il attend que la "clarification" au PS sur la nature du projet aux européennes ait lieu dans les prochaines semaines, après quoi il prendra une décision.        

Un retour de la "vieille politique" ?

Après avoir vilipendé le Parti socialiste durant la dernière décennie, Jean-Luc Mélenchon accueillerait certains de ses membres ? "Pour nous les portes ont toujours été ouvertes, le mouvement est en perpétuelle construction", assure Danielle Simonnet. Le NPA, dont la porte-parole participe à un atelier des "Amfis", ne se dit pas non plus fermé à une coalition : "On aimerait bien qu'il se passe quelque chose de ce côté-là. D'ailleurs, ça se discute", a déclaré son dirigeant Philippe Poutou vendredi sur LCI. 

Le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel prévient cependant: "On n'est pas dans un bis repetita des accords d'appareil". Le député du Nord Adrien Quatennens estime que "la méthode LFI continue d'agréger. (...) Dès lors que des personnalités politiques tiennent compte des nouveaux rapports de force, on garde la porte ouverte". 

C'est "le retour de la vieille politique", la "rhétorique de l'unité, dérivée de la stratégie d'union de la gauche, dont usait jadis François Mitterrand pour réduire l'influence du Parti communiste", a toutefois critiqué dans une tribune au Monde l'un des fondateurs de LFI, Liêm Hoang-Ngoc, qui a suspendu sa participation en juillet. 

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