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Emmanuel Macron : "On attend le Président à l'oeuvre", affirme Olivier Mazerolle

LETTRE DE CAMPAGNE - Si le nouveau chef de l'État a plutôt bien débuté son quinquennat, deux difficultés se présentent devant lui.

Emmanuel Macron lors de son investiture, le 14 mai 2017
Emmanuel Macron lors de son investiture, le 14 mai 2017 Crédit : ALAIN JOCARD / POOL / AFP
Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle Journaliste RTL

Solide et pragmatique Emmanuel Macron a réussi ses débuts sur la scène internationale. Comme pour la présidentielle, les circonstances le servent. Mais le président de la République a le talent et l'intelligence nécessaires pour en faire quelque chose de positif. La séparation des Européens d'avec Donald Trump est confirmée. La confiance est rompue, a déclaré Angela Merkel. L'occasion est donnée à la France et à l'Allemagne d'agir de concert pour relancer l'Europe, lui donner force, cohésion et identité politique. Les deux pays défendent les mêmes points de vue sur le climat et sur le commerce. Ils ont besoin l'un de l'autre. Le moment est propice pour reconstituer un tandem qui marque l'Histoire comme l'ont fait dans le passé de Gaulle - Adenauer, Giscard - Schmidt et Mitterrand - Kohl.

De son côté, le président de la République met en application avec détermination les leçons héritées du Général De Gaulle et de François Mitterrand. La France est une puissance diplomatique incontournable quand elle se comporte en alliée des Etats-Unis tout en y mettant la distance nécessaire qui lui permet de ne jamais couper les ponts avec la Russie. Emmanuel Macron refuse de tenir des propos désagréables à l'égard de Donald Trump. Mais il renoue également avec Vladimir Poutine qu'il reçoit à Versailles. Bien des obstacles sont à surmonter, les chapitres restent à écrire. Mais une nouvelle phase s'ouvre pour la diplomatie française.

L'affaire Ferrand

Ces derniers jours, Emmanuel Macron a donc pu expérimenter la satisfaction qu'il y a à démontrer sur  la scène internationale ses capacités de chef d'État. Il retrouve cette semaine le théâtre hexagonal, plus étroit, mais sur lequel il est particulièrement attendu. En France également  ses premiers pas ont été réussis. Mais après le bonheur des premiers jours, provoqué par le plaisir d'avoir enfin retrouvé un président de la République à l'Élysée, voici venu le temps des travaux pratiques. Deux difficultés se présentent devant le chef de l'État.

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La première, l'affaire Ferrand pourrait être bénigne si elle n'était pas chargée de symboles.  Le ministre de la Cohésion des territoires se défend d'avoir commis la moindre irrégularité à la tête des Mutuelles de Bretagne et comme député. Il est bien possible qu'il ait raison. Mais alors que l'exemplarité a été instaurée comme un dogme absolu par le candidat Macron, de simples dénégations ne permettent plus de surmonter le mur du soupçon. Les Français sont devenus exigeants en la matière. Ils y ont été encouragés par les promesses de campagne. Seuls des enquêtes et des contrôles sont susceptibles de rétablir la confiance dès lors qu'il y a doute sur les agissements d'un élu.

Décider de s'y soustraire n'est pas convenable alors qu'il a été promis de se montrer inflexibles, de laver plus blanc que blanc. C'est une faute que d'agir ainsi. Elle dévalue par avance la loi sur la moralisation de la vie publique préparée par François Bayrou. Celle-ci ne corrigera les errances qu'à la marge. Une loi ne peut pas prévoir tous les cas de figure. Les pays du Nord de l'Europe, implacables sur le sujet, ont depuis longtemps érigé le contrôle systématique sur les agissements des élus  comme la seule méthode capable de mettre fins aux polémiques.

Le dialogue social

La deuxième difficulté pour Emmanuel Macron porte sur le dialogue social. Durant la présidentielle, il avait présenté la réforme du marché du travail comme un des éléments essentiels de la lutte contre le chômage et de sa volonté d'imposer à la France les trans-formations nécessaires. Il avait annoncé sa détermination à aller vite et à ramener les syndicats à leur rôle de défenseurs des intérêts catégoriels que son ceux des salariés.  Tous les ingrédients semblaient être réunis pour un été d'affrontements sans merci.

Cependant, le président semble avoir pris en compte ce que le candidat avait sans doute un peu trop facilement ignoré. Démarrer un Quinquennat avec d'interminables conflits sociaux est la promesse d'un échec. L'Élysée n'en a pas envie. Et manifestement la CFDT, et probablement Force Ouvrière, non plus. Quand on écoute les uns et les autres, des possibilités de compromis apparaissent, y compris sur les points les plus sensibles comme le plafonnement des indemnités de licenciement ou la prééminence des accords d'entreprises sur les accords de branche. Un délai de quelques semaines supplémentaires par rapport au projet initial pour négocier et aboutir à un accord sans casse majeure placerait le dialogue social sur une orbite positive pour l'ensemble de la présidence. Rien n'est réglé, mais le pire n'est pas sur.

Sur l'affaire Ferrand, comme sur le social, on attend maintenant du président Macron qu'il démontre dans le passage à l'acte sa capacité à assumer la fonction, avec autorité et doigté, comme il avait su si bien le faire le premier jour quand il s'était agi de la définir.

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