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Elections municipales 2014 : plus de diversité, mais en toute discrétion

"Les candidats issus de l'immigration ont rencontré moins de freins cette fois-ci que la dernière fois" pour figurer sur les listes, mais les partis ne communiquent pas sur ce choix. Ces élus ne représentent que 6,68% du total.

Razzy Hammadi  le 27 novembre 2013 à l'Assemblée nationale.
Razzy Hammadi le 27 novembre 2013 à l'Assemblée nationale. Crédit : AFP
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Plusieurs Français d'origine étrangère pourraient être élus maires lors des prochaines municipales mais, paradoxalement, les partis politiques font profil bas sur cette percée de la "diversité", qui reste encore embryonnaire. Le PS a investi des candidats issus des "minorités visibles" dans plusieurs villes gagnables d'Ile-de-France: le député Razzy Hammadi à Montreuil, le vice-président de la région Abdelhak Kachouri à Neuilly-sur-Marne, Karim Bouamrane à Saint-Ouen, Sonia Dahou aux Ulis... A droite, l'ancienne ministre Rachida Dati devrait, selon les sondages, être réélue maire du 7e arrondissement de Paris. A Trappes (Yvelines) Othman Nasrou (UMP) aura la tâche plus difficile.

Malgré ces ouvertures, les partis ne communiquent pas sur le sujet. Un ton qui contraste avec l'affichage, en 2008, d'une vingtaine de candidats de la diversité PS et d'une quinzaine d'UMP, tous investis dans des villes imprenables. Entre-temps, "la question de la diversité a été abandonnée par les partis", regrette Kamel Hamza, président de l'Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld). "On nous dit que, si on parle de nous, ça va faire monter le FN, ça va faire croire qu'on joue la carte communautaire", ajoute cet élu de la Courneuve, où il va mener la liste UMP sans gros espoir de victoire.

6,68% du total des élus

Si la discrétion reste de mise, "les candidats issus de l'immigration ont rencontré moins de freins cette fois-ci que la dernière fois" pour figurer sur les listes, estime Christophe Girard, maire-adjoint de Saint-Denis (FG). Selon lui, les maires de banlieue, où se concentrent les immigrés et leurs descendants, "recherchent la diversité pour essayer de mieux représenter leur ville".

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Les élections de 2008 avaient déjà permis une progression des élus d'origines extra-européennes qui, dans les Conseils municipaux des villes de plus de 9.000 habitants, étaient passés de 1.069 à 2.343, selon une étude pour le Haut conseil à l'Intégration (HCI). Malgré ce doublement, les minorités visibles ne représentent toujours que 6,68% du total des élus et sont souvent cantonnées au second rôle. Les maires se comptent sur les doigts d'une main (Mohand Hamoumou à Volvic, Rafika Rezgui à Chilly-Mazarin...).

"Il pense que je ne suis pas assez armée pour affronter le FN"


Une fois élus, ils se heurtent toujours à un racisme latent, selon une étude publiée en janvier: près de la moitié déclarent avoir essuyé des remarques xénophobes de la part d'habitants, d'autres élus et au sein même de leur famille politique. "Quand on fait entrer dans nos partis des jeunes issus de l'immigration, on rencontre des freins chez nos vieux militants", reconnaît Philippe Gauquelin, maire PS de Rilleux-la-Pape (Rhône) et président de l'association des maires Ville et banlieue. Lui assure que sa liste sera "black-blanc-beur", mais dit se heurter, sur les marchés à des remarques du type "il y a trop de Noirs". A l'heure où deux tiers de la population jugent qu'il y a trop d'immigrés en France, les partis hésitent encore à oser la diversité.

Le cas de Haouaria Hadj Chikh, à Marseille, illustre cette frilosité. Elue en 2008 dans le 7e secteur de la Cité phocéenne, elle s'attendait à être désignée tête de liste par le Front de gauche, qui a préféré investir un trotskiste né dans une famille de Juifs d'Egypte.
"Il va falloir aller chercher les voix partout, y compris dans les cités pavillonnaires où ça vote extrême droite", a expliqué Jean-Marc Coppola, tête de liste FG à Marseille, au site Regards. "On a donc besoin de gens solides." En clair, décrypte la militante avec amertume, "il pense que je ne suis pas assez armée pour affronter le FN".

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