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De Lisnard à Glucksmann : Macron appelle à une logique de "coalition" pour empêcher un second tour RN-LFI en 2027

Le président estime que l'ensemble des forces politiques de David Lisnard à Raphaël Glucksmann doivent se mettre à "travailler ensemble", pour empêcher un second tour entre les extrêmes, a indiqué jeudi 5 novembre un interlocuteur du chef de l'État à l'AFP.

Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias le 21 octobre 2026.

Crédit : Benoit Tessier / POOL / AFP

AFP - édité par Juliette Vignaud

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Il s'immisce dans la campagne électorale. Théoriquement à l'écart de la présidentielle, Emmanuel Macron laisse filtrer ses recommandations : le chef de l'État plaide pour que les candidats de Raphaël Glucksmann à David Lisnard "travaillent ensemble" avant l'élection, dans une "logique de coalition", pour empêcher un second tour entre les extrêmes. 

Ne pouvant briguer un troisième mandat consécutif, le président sortant s'est assigné un rôle de "garant" de la bonne tenue du scrutin du printemps. Mais en coulisses, il "ne se résout pas à un duel LFI-RN", a indiqué jeudi 5 novembre à l'AFP un de ses proches interlocuteurs, alors que les sondages donnent actuellement Jean-Luc Mélenchon en mesure de se qualifier au second tour face à Marine Le Pen. 

La parole n'est pas officielle, mais elle a clairement vocation à être partagée, dans l'espoir d'influer sur le cours de la campagne. Il "pense que sur l'Europe, l'État de droit, l'économie de marché, le rejet des extrêmes, ce qui unit de Lisnard à Glucksmann est plus fort que ce qui divise", relève cet interlocuteur. 

"Dans un contexte de tripartition, ces forces-là doivent donc assumer qu'elles auront à travailler ensemble et le faire dès aujourd'hui dans une logique de coalition", ajoute-t-il. 

"Créer du commun avant de jouer les différences"

Qui pour conduire cette coalition vers la présidentielle ? Il leur reviendra de trouver "un mode de départage", répond-il. C'est tout le nœud du problème : jusqu'ici, les initiatives pour favoriser une forme de rassemblement ont échoué, dans tout ou partie d'un vaste espace qui va du social-démocrate Glucksmann au libéral Lisnard, en passant par Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux anciens Premier ministre d'Emmanuel Macron, et, à droite, Bruno Retailleau. 

"J'ai invité un certain nombre de responsables politiques de la droite et du centre à discuter avec moi de fond parce que je pense qu'il faut d'abord créer du commun avant de jouer les différences", a réagi Édouard Philippe, qui avait tenté d'organiser une telle réunion - excluant toutefois Raphaël Glucksmann - autour de la Toussaint, sans succès. "Je n'ai pas eu beaucoup de réponses. Je le regrette, mais c'est ainsi", a constaté le candidat Horizons. 

Dans l'entourage de son concurrent du parti présidentiel Renaissance, on assure également que "Gabriel Attal a toujours évoqué l'idée d'un rassemblement le plus large possible". Mais sa récente proposition de primaire de Glucksmann à Lisnard, ou a minima du centre et de la droite, bute sur l'opposition d'Édouard Philippe. 

"Tentatives désespérées"

À droite, Bruno Retailleau et David Lisnard balaient régulièrement tout rapprochement trop inspiré de 10 années de macronisme. "Emmanuel Macron a voulu faire une espèce de grand centre mou. Quelle était la conclusion ? C'est que les deux ailes radicales à droite et à gauche, LFI et le RN, ont poussé", a déclaré jeudi le candidat du parti Les Républicains. "Eh bien, si vous faites ça demain, alors là vous donnez un ticket pour M. Mélenchon et pour Mme Le Pen", a-t-il ajouté. 

"Ceux qui ont mis le pays dans cet état ne sont pas une solution. Ni une alternative. Nous n'avons jamais cru à la grande confusion du macronisme", a relevé de son côté Pierre Jouvet, porte-parole de Raphaël Glucksmann, assurant à l'AFP que son candidat ne se sent pas "concerné" par "ces tentatives désespérées". 

Marc Fesneau, dirigeant du MoDem qui n'a pas encore soutenu un candidat, approuve plutôt l'idée selon laquelle c'est "une convergence sur le projet et le fond, pour bâtir une coalition de projet", qui doit servir de "base" pour la "convergence sur une candidature", dit-il à l'AFP. Mais un cadre du bloc central relève aussi que ce n'est "pas exactement" ce qu'a fait Emmanuel Macron lui-même quand, depuis 2022 et surtout après la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, il n'a pas eu de majorité absolue pour gouverner. 

Plusieurs membres du camp présidentiel reprochent au chef de l'État de n'avoir jamais sérieusement tenté de bâtir une coalition comme dans les pays voisins, en Allemagne ou en Italie, où les forces politiques négocient des semaines durant pour aboutir à un programme commun. Et, aujourd'hui, en poussant cette solution, le président de la République risque d'être inaudible, tant les candidats veulent marquer la rupture. 

"Le sujet n'est pas 'Macron ou pas Macron'", "il assume seul son bilan et ils sont donc totalement libres de s'en affranchir", répond l'interlocuteur du chef de l'État. 

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