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"Cet historique ne peut pas être modifié" : comment "Mediapart" a authentifié les messages Messenger attribués à Jordan Bardella via Meta

Le média d'investigation "Mediapart" a publié des éléments d'authentification, via Facebook et un huissier, de messages antisémites datant de 2013 attribués au président du RN Jordan Bardella, dont ce dernier a de nouveau démenti être l'auteur.

Jordan Bardella, le lundi 6 octobre 2025.

Crédit : Telmo Pinto / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Juliette Vignaud & Arthur Pereira & Fanny Marsot

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Jordan Bardella a-t-il écrit des propos antisémites à l'été 2013 ? C'est ce qu'a affirmé Mediapart dans une enquête, publiée lundi 28 septembre, démentie par le président du Rassemblement (RN), qui a dénoncé des "faux grossiers". 

Face à ces dénégations, le média d'investigation a révélé, jeudi 1er octobre, avoir fait authentifier, via la maison-mère de Facebook Meta et un huissier, les messages du dauphin de Marine Le Pen. 

Des captures d'écran des messages attribués à Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger ont ainsi été publiées. Des "pseudo-preuves" pour l'intéressé, qui affirme vouloir déposer plainte pour faux et usage de faux.  

"Un degré de vérification scientifique"

Mais comment s'assurer que ces messages sont authentiques ? D'abord, Mediapart assure s'appuyer sur des fichiers complets de conversations envoyées par Meta - la maison-mère de Facebook et donc Messenger. Ces documents peuvent être obtenus par tous les utilisateurs de la plateforme, selon les règles de l'Union européenne. Toutes les échanges sont archivés, même s'ils remontent à plus de dix ans. 

L'interlocuteur du président du Rassemblement national a ainsi demandé un téléchargement de cette conversation sur Messenger, dont l'extraction a été authentifiée par un huissier, toujours selon Mediapart. 

"L'extraction de la conversation permet de la dater, d'attester du fait que cette conversation n'a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l'interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella. L'analyse de son contenu permettant de vérifier qu'il s'agit bien du véritable Jordan Bardella", assure le journal en ligne. 

"C'est un degré de vérification scientifique, a insisté Fabrice Arfi, journaliste et co-responsable du pôle enquêtes à Mediapart sur le plateau de C à Vous, sur France 5 jeudi soir, ce n'est pas 99,99%, c'est 100%." Pour lever le doute, alors que les écrits étaient "compulsifs et obsessionnels sur le terrain de l'antisémitisme", les journalistes ont demandé cette extraction de la totalité des données. "C'est un point crucial dans l'enquête, ça permet d'authentifier la date." 

Cette source est donc impossible à corrompre. "Cet historique ne peut pas être modifié. C'est Meta qui vous l'envoie. Et là où c'est encore plus intéressant, c'est qu'ils ont fait appel à un huissier, un commissaire de justice", a appuyé le spécialiste en cyberintelligence Damien Bancal sur RTL vendredi matin.

Des anecdotes confirmées dans son autobiographie

Comment être certain qu'il ne s'agit pas d'un homonyme mais bien le président du RN, prédestiné au rôle de Premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle 2027 ? Mediapart affirme qu'il y a des éléments biographiques dans ces conversations qui prouvent qu'il s'agit du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d'une interview qu'il avait accordée au Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po.   

"Il y a plusieurs éléments : les sources humaines, mais surtout le contenu des conversations sur Messenger. Jordan Bardella parle de sa vie privée, de ses origines familiales, livre un nombre d'anecdotes incroyables sur ses études, son parcours, son engagement", a précisé Fabrice Arfi sur le plateau de France 5. "Les anecdotes livrées ne sont pas connues du public et seront confirmées, 11 ans plus tard, par un certain Jordan Bardella dans une autobiographie."

"Les banques sont toutes détenues par des Juifs"; "Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur", aurait notamment écrit Jordan Bardella, qui conteste "formellement" être l'auteur de ces messages. Après les nouveaux éléments publiés par Mediapart, le ministre de la Justice Gérald Darmanin l'a accusé de "mentir éhontément".

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