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Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, fait un geste lors d'un discours prononcé à l'occasion de la réunion de reprise du travail du RN en Picardie, à Breteuil, dans le nord de la France, le 19 septembre 2026.
Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP
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Le Rassemblement national fait bloc derrière son président. Au lendemain de la publication par Mediapart des propos antisémites qui auraient été écrits par Jordan Bardella à l'été 2013, alors qu'il avait entre 17 et 18 ans, le parti a organisé sa réplique, ce mardi 29 septembre.
Depuis l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a apporté sa confiance à Jordan Bardella. Elle a aussi assuré que le RN n'allait pas "se laisser faire". La candidate à l'élection présidentielle - donnée largement en tête au premier tour du scrutin dans les sondages - a indiqué qu'elle comptait démontrer "qui est derrière cette manipulation".
"Maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar parce qu'il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent", a-t-elle lancé.
Signe de la gravité de la situation : le parti a changé l'ordre du jour de sa réunion qui visait à saluer l'entrée en force du RN au Sénat. Ainsi, quelque 150 parlementaires RN et de ses alliés étaient réunis face aux ténors du parti.
Lors de cette réunion, Jordan Bardella a aussi pris la parole. Avec à ses côtés Marine Le Pen, les députés Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tanguy, et l'allié du parti Éric Ciotti, le président du Rassemblement national a dénoncé "les prémices d'une guerre totale" et pointé une "tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle".
Probable Premier ministre de Marine Le Pen, en cas d'élection de cette dernière lors de la présidentielle, Jordan Bardella a préempté le futur : il a déclaré s'attendre à de nouvelles accusations, dans le cadre d'une opération "très certainement préparée depuis plusieurs mois".
Se disant victime d'une "tentative d'assassinat politique" pour "tuer (sa) carrière". Le député européen, promis à Matignon si Marine Le Pen est élue, le président du Rassemblement national dément les informations dévoilées par Mediapart. "Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites", a-t-il écrit sur X.
Jordan Bardella a aussi lancé une réplique sur le front judiciaire en déposant plusieurs plaintes contre le journal d'investigation pour diffamation et pour faux et usage de faux "s'il y a des éléments écrits" publiés par Mediapart.
"Le fait que je n'étais pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces 'sources'", a déclaré le président du RN.
Sur BFMTV, l'avocat du parti David Dassa-Le Deist a quant à lui dénoncé une "vilenie sans limite" et "un tissu de mensonges". Aussi interrogé sur LCI, il a ajouté : "On ne peut pas exclure que des personnes qui ont été évincées de ce parti (le RN, ndlr) il y a quelques années soient animées d'une très forte volonté vengeresse".
Des propos appuyés par le principal concerné. "Soit Mediapart a monté cette manipulation, soit Mediapart lui-même s'est fait enfumer par des gens derrière assez puissants qui ont intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle", a estimé l'eurodéputé.
Cette ligne de défense se dessine aussi dans les propos du député RN Jean-Philippe Tanguy. Toujours sur LCI, le lieutenant de Marine Le Pen a accusé "la racaille antisémite" "courageusement" purgée par la candidate à la présidentielle à son arrivée à la tête du Front national d'avoir divulgué à Mediapart ces messages antisémites niés par Jordan Bardella.
Il a aussi dénoncé une "force politique qui malheureusement, au début des années 2010, était nombreuse, bien organisée comme les trotskistes et qui a été combattue". "Marine Le Pen les a combattus farouchement", a-t-il défendu. Il a ainsi "invité ceux que ça peut intéresser et qui peuvent se poser des questions légitimes" à regarder sur les réseaux sociaux. "Ils verront ces gens, l'extrême droite française dans sa pluralité, nous insulter, nous diffamer", a-t-il ajouté.
La "ligne républicaine" défendue par Marine Le Pen n'est selon lui, "pas la bonne de leur point de vue de cinglés". Dispose-t-il de preuves ? "C'est mon intime conviction", a-t-il répondu.
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