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Bygmalion : Jérôme Lavrilleux entendu par les juges financiers

Moins d'un mois après la levée de son immunité parlementaire européenne, l'ancien directeur adjoint de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy est entendu ce lundi au pôle financier par les juges.

Jérôme Lavrilleux lors d'une conférence de presse au siège de l'UMP en novembre 2012 (archive).
Jérôme Lavrilleux lors d'une conférence de presse au siège de l'UMP en novembre 2012 (archive).
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Jérôme Lavrilleux, personnage central de l'affaire Bygmalion, est arrivé lundi au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris pour être entendu par les juges dans l'enquête sur des fausses factures durant la présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy. L'ancien directeur adjoint de la campagne 2012, qui a contribué à révéler le scandale, est arrivé peu avant 9h30, accompagné d'un de ses avocats. Il n'a pas fait de déclaration.

Les juges d'instruction pourraient décider de sa mise en examen ou de le placer sous le statut de témoin assisté, selon une source du dossier. L'enquête est ouverte pour faux, abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale. Dix personnes sont déjà mises en examen dans ce dossier : quatre anciens dirigeants de Bygmalion, la société prestataire des meetings via sa filiale Event and Cie, trois anciens cadres de l'UMP, dont l'ancien directeur général Eric Cesari, et trois anciens responsables de la campagne, dont le trésorier, le député UMP Philippe Briand, et le directeur, Guillaume Lambert.

Le 26 mai 2014, Jérôme Lavrilleux avait révélé, à la suite de l'avocat de Bygmalion, le recours à un système de fausses factures pour imputer des dépenses à l'UMP alors qu'elles correspondaient en fait à des meetings de la campagne présidentielle. Le but aurait été de falsifier le compte de campagne afin qu'il reste dans les limites autorisées (22,5 millions d'euros) et ne soit pas rejeté, ce qui a quand même été le cas. Les enquêteurs, qui ont saisi la comptabilité de Bygmalion et de l'UMP, estiment que les fausses factures, imputées à l'UMP au titre de conventions politiques fictives, représentent 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings.

Jérôme Lavrilleux, qui a quitté l'UMP avant son exclusion, est le seul responsable du parti à avoir reconnu l'existence de la fraude, à l'instar de trois des dirigeants de Bygmalion mis en examen. Député européen, il a vu son immunité parlementaire levée le 19 mai dernier, autorisant ainsi un éventuel placement en garde à vue ou sous contrôle judiciaire.

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