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Le drapeau de l'Union Européenne devant le Parlement Européen
Crédit : AFP
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Le budget européen s'invite déjà dans la campagne présidentielle 2027. Mercredi 14 octobre au soir, les députés ont adopté l'article 55 prévoyant un versement record de 30,9 milliards d’euros à l’Union européenne (UE). Un vote obtenu malgré l'opposition ferme du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI), qui réclament tous deux une baisse drastique de la contribution française.
Ce montant, en hausse de 2,1 milliards d'euros par rapport à l'an dernier, s'inscrit dans une logique d'augmentation constante depuis plusieurs années. La somme sert notamment à financer les compétences et actions clés de l'UE, comme les aides allouées aux agriculteurs, la taille de l'enveloppe consacrée à l'Ukraine ou encore les projets de défense.
Mais dans une quête générale de milliards d'économies, ce versement alimente de vives critiques. La raison tient à la position de la France, qui verse davantage à l'Union européenne qu'elle ne récupère directement sur son territoire. Elle est ainsi qualifiée de pays "contributeur net". Dans le budget précédent, la différence avait été évaluée à 9 milliards d'euros par plusieurs députés, comme le président de la commission des finances, Éric Coquerel (LFI) et Jean-Philippe Tanguy (RN).
Pour autant, si Paris n'a jamais autant contribué au budget de l'UE, elle en est également le premier bénéficiaire en volume. Ces fonds irriguent directement des politiques concrètes comme la politique agricole commune (PAC), la recherche, l'innovation et les fonds de cohésion locaux.
À la tribune de l'Assemblée nationale mercredi, le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, est monté au créneau pour défendre ce modèle. Certes, la France "est contributrice nette, comme les douze autres pays les plus riches de notre Union", au budget de l'UE, mais elle est "la première bénéficiaire en volume" des subventions européennes pour les agriculteurs, les régions ou les entreprises.
Pour le gouvernement, contribuer davantage est logique pour l'un des pays les plus riches de l'Union, surtout si cela permet de financer des politiques utiles à l'économie française. Pour ses opposants, la facture est devenue trop lourde dans un contexte de finances publiques sous tension. Le RN a d'ailleurs fait de la réduction de la contribution française au budget de l'UE l'un des piliers de son plan d'économies présenté début octobre, souhaitant que le financement net se limite désormais à 5 milliards d'euros.
Au travers d’un amendement, le député (RN) de la Somme Jean-Philippe Tanguy a ainsi proposé de diminuer la participation de la France de 11 milliards d’euros. Si LFI n'a pas voté cet amendement précis, elle n'en partage pas moins la philosophie du parti à la flamme sur le sujet de la contribution française à l'UE. Le groupe insoumis a déposé divers amendements - tous rejetés, mais dont la variété a occasionné des débats animés - de baisse de la contribution française, ou une réduction de 10% sous certaines conditions.
Parmi les conditions exigées : suppression de l'agence Frontex, "congélation" des titres de dette française détenus par la BCE, abrogation des règles européennes fixant des maximums de 3% et 60% du PIB pour les déficits publics et les dettes des pays membres, ou encore dénonciation de l'accord d'association entre Israël et l'UE ou dénonciation de l'accord commercial du Mercosur.
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas les seuls prétendants à l'Élysée à vouloir ce coup de rabot. Côté LR, Bruno Retailleau plaide lui aussi pour réduire "absolument" ce montant. Invité du sommet de Politico, le candidat à la présidentielle a affirmé soutenir les États membres dits "frugaux", partisans d'un budget de l'UE réduit. “Si la France ne fait pas partie de ces pays frugaux, ça veut dire qu’on a totalement perdu contact avec la réalité”, a-t-il tancé. À gauche, d'autres comme Raphaël Glucksmann défendent un renforcement des ressources budgétaires de l'UE. Les députés du groupe écologiste et ceux du Parti socialiste ont d'ailleurs rejeté les amendements de LFI et du RN.
Ce bras de fer parlementaire sur le budget 2027 n'est en réalité que le premier chapitre d'une bataille bien plus large. À Bruxelles, les discussions portent déjà sur le futur budget pluriannuel de l'Union pour la période 2028-2034, que les dirigeants européens espèrent parvenir à boucler avant la cascade d'élections en 2027, à commencer par la présidentielle française. Un "verrouillage plus d'un an à l'avance", dénoncé par la cheffe de file du Rassemblement national, qui voit dans ce calendrier une "volonté d'étouffer par anticipation les choix démocratiques à venir".
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