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Alain Juppé refuse de donner "carte blanche" à François Hollande

Deux semaines après les attentats de Paris et Saint-Denis, le candidat à la primaire de la droite en 2016 refuse de donner "carte blanche" à François Hollande et s'adresse aux Français dans une lettre publiée samedi 28 novembre.

Alain Juppé le 4  juillet 2015.
Alain Juppé le 4 juillet 2015. Crédit : JOEL SAGET / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet

Quinze jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite en 2016, formule des propositions en matière de sécurité et de diplomatie, dans une Lettre aux Français diffusée samedi 28 novembre sur son blog. "Après le choc, la réalité. l'État islamique, nous a déclaré la guerre et nous devons en tirer toutes les conséquences", écrit le maire de Bordeaux. "La première : être unis, rassemblés et soudés autour des autorités qui sont aujourd'hui en charge de la sécurité de notre pays, le président de la République et le gouvernement".

Dans cette optique, il rappelle leur avoir apporté son "soutien". Cependant, "cela ne veut pas dire leur laisser carte blanche. Il faut passer à l'acte très rapidement parce que nous avons déjà l'exemple dans un passé récent d'annonces qui n'ont pas été suivies d'effets", précise-t-il. Alain Juppé souhaite ainsi que "dans les prochains mois, le président de la République vienne expliquer devant les Français ce qui a été obtenu". 

Des propositions sur la sécurité et la diplomatie

1. Réformer la police 
L'ancien Premier ministre soutient les créations de postes dans la police, la gendarmerie et la justice annoncées par François Hollande. Toutefois, il estime que ce n'est "pas suffisant" et explique qu'il "faut former ces agents et les effets ne se feront sentir qu'à long terme", regrette-t-il.

2. Renforcer les services de renseignement
Concernant les services de renseignement, l'ancien Premier ministre propose de "simplifier drastiquement les procédures administratives qui occupent aujourd'hui deux tiers du temps des policiers et gendarmes, et de recruter du personnel civil pour s'en occuper". Alain Juppé se positionne également pour la création d'un "véritable service de renseignement pénitentiaire", pour prévenir les cas de radicalisation en prison.

3. Des prêches en français
"Un travail doit aussi être mené en amont, en luttant efficacement contre la radicalisation", ajoute-t-il. Alain Juppé propose ainsi que les imams soient obligés de "prêcher en français" dans les mosquées. "Ils doivent également obtenir un certificat d'instruction civique qui permette de vérifier leurs connaissances des principes fondamentaux de la République française", précise le maire de Bordeaux.

4. Créer un "délit d'entrave au service public"
Alain Juppé veut aussi créer un "délit d'entrave au service public" car selon lui, "On ne peut pas laisser les représentants de l'État sans moyens de réagir quand un enfant rejette une leçon d'histoire sur la Shoah ou quand une femme hospitalisée refuse d'être examinée par un médecin homme". Alain Juppé insiste sur le respect de la laïcité mettant en garde contre les "dérives" et "amalgames dangereux" et rappelle que "les autorités religieuses et spirituelles musulmanes [doivent] exprimer haut et fort leur rejet massif de toute forme d'extrémisme et de sectarisme et condamner fermement tout acte commis au nom de leur religion allant à l'encontre de la République".

5. Installer une "coalition unique"
Concernant les questions diplomatiques et constatant que l'objectif d'un départ de Bachar al-Assad n'a pas été "atteint", Alain Juppé se prononce en faveur d'une "coalition unique associant Américains, Russes, Français, Turcs, Iraniens, pays du Golfe" contre le groupe État islamique. "Je serai attentif aux résultats qu'obtiendra en ces termes la diplomatie française", prévient-il.

6. Créer une police européenne des frontières
"Schengen est mort", estime Alain Juppé. Il souhaite ainsi la mise en place d'une "police européenne des frontières, un corps des gardes douaniers européens". Il rappelle : "En 2015, ce sont seulement 150 millions d'euros de budget qui sont alloués au contrôle de plus de 40.000 kilomètres de frontières, ce n'est pas tenable", constate-t-il. "Mais il faut aussi que nos partenaires européens s'engagent sur les théâtres d'opérations où nous sommes trop souvent seuls", regrette l'ancien ministre des Affaires étrangères.

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