2 min de lecture Agriculture

Agriculture : cultiver la data pour mieux produire

Afin d'optimiser leur production, agriculteurs commes multinationales se lancent dans l'analyse des données.

Des logiciels permettent de suivre plusieurs paramètres clés comme la météo ou l'humidité du sol (illustration).
Des logiciels permettent de suivre plusieurs paramètres clés comme la météo ou l'humidité du sol (illustration). Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Des start-ups aux multinationales, tout le monde s'y met : investir dans l'utilisation des "datas", les données informatiques, pour permettre aux agriculteurs de tirer le meilleur parti de la masse croissante de données disponible sur la météo, les sols, ou l'état des cultures.

Signe de l'engouement : Monsanto, le géant américain des semences et de l'agrochimie, n'a pas hésité à débourser près d'un milliard de dollars en 2013 pour racheter une start-up spécialisée dans l'analyse des données météo, The Climate Corporation.

Des exploitations plus grosses et de plus en plus de données

Une stratégie basée sur un constat : les agriculteurs disposent de plus en plus de données, mais "n'ont pas les outils et le temps pour localiser les données pertinentes, les extraire et les analyser de manière simple pour in fine améliorer leur rendement", explique Yann Fichet, porte-parole de Monsanto en France.

La firme propose donc aux agriculteurs américains des logiciels gratuits ou payants pour suivre au jour le jour les "paramètres clés de chaque champ (météo, humidité du sol, stade de développement de la culture)", ainsi que des conseils sur les décisions à prendre, pour l'application d'engrais par exemple.

Il y a une mutation profonde : les exploitations sont de moins en moins nombreuses, mais plus grosses et il est plus difficile de rester compétitif

Stéphane Marcel, directeur général de Smag
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En 2014, plus de 20 millions d'hectares ont été cultivés avec ces méthodes aux États-Unis, selon Monsanto. En France, l'intérêt pour les données agricoles s'aiguise aussi. InVivo, premier groupe coopératif du pays, a racheté fin 2014 Smag, une entreprise spécialisée de Montpellier, espérant en faire le numéro un européen du secteur.

"InVivo anticipe le fait que l'agriculteur n'est plus un simple agriculteur, mais un chef d'entreprise. Il y a une mutation profonde : les exploitations sont de moins en moins nombreuses, mais plus grosses et il est plus difficile de rester compétitif", assure Stéphane Marcel, directeur général de Smag.

Les analyses de sols remontent dans mon ordinateur. Je les transfère (...) directement au système de pulvérisation pour l'azote

Eric Hamot, céréalier
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Chez Smag, 140 agronomes et spécialistes des nouvelles technologies travaillent sur des applications pour croiser les données fournies par des modèles météos, des capteurs dans les champs ou sur des drones, mais aussi des réseaux sociaux.

Un logiciel pour prendre des décisions

Où et quand épandre des engrais sur une parcelle de blé ? Y a-t-il un risque de maladie sur le champ ? L'agriculteur est prévenu sur son smartphone ou sa tablette. "Les analyses de sols remontent dans mon ordinateur. Je les transfère dans mon tracteur sur une carte flash, qui transmet directement au système de pulvérisation pour l'azote", explique Eric Hamot, céréalier dans l'Aube, heureux du "temps gagné".

Des start-ups sont aussi sur les rangs. Dans le Nord, Weenat compte déjà doubler ses effectifs après deux ans d'existance. Plantés dans les champs, ses capteurs mesurent température et humidité puis transmettent les données sans câblage, grâce à un réseau bas débit sans fil, "ce qui permet de gérer des parcelles éloignées", explique Jérôme Leroy, l'un des fondateurs trentenaires.

Pour ne pas irriguer à tort et au travers, ou bien semer au bon moment, un logiciel d'aide à la décision est prévu. Car l'important c'est de "savoir interpréter et utiliser les données. Il faut établir les bonnes requêtes, poser les bonnes questions", souligne Daniel Boffety, chercheur à l'institut de recherche sur la technologie et l'agriculture Irstea.

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