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"Les violences en milieu scolaire sont taboues", dit une enseignante

INVITÉE RTL - Marie, enseignante en ZEP, a été agressée par ses élèves. Seule face à l'administration, elle explique ne plus vouloir enseigner dans des établissements en difficulté, même si elle pense toujours à ses anciens élèves.

La lutte contre l'homophobie à l'école est compliquée par les rumeurs sur la thérorie du genre. (Photo d'illustration)
La lutte contre l'homophobie à l'école est compliquée par les rumeurs sur la thérorie du genre. (Photo d'illustration)
Crédit : AFP / FRANK PERRY
Marie, prof de ZEP : "Après mon agression, je n'ai pas été soutenue par mon institution"
05:42
Yves Calvi & La rédaction numérique de RTL

Jeune enseignante dans un collège ZEP de Seine-Saint-Denis, Marie est agressée en 2012 à coups de poing américain par un copain d'un ses élèves qui voulait éviter la distribution des bulletins. Alors qu'elle lisait une dictée à ses élèves, elle est rouée de coups. Elle s'en sortira avec 15 points de suture au visage et une main en charpie.
 
Lâchée par son administration, Marie raconte qu’elle a dû se débrouiller seule : "On trouve quelques interlocuteurs après l’agression puis on nous laisse tomber sans apporter de solution", raconte-t-elle au micro de RTL.

Deux ans pour obtenir une mutation

Après "deux ans de solitude", elle arrive tant bien que mal à obtenir sa mutation dans un lycée plus "calme". "Je me demandais de quoi sera fait ma carrière. Je ne pouvais pas retourner dans un établissement difficile. Je ne peux pas, non pas que je ne veuille pas. Ils m’ont touchée physiquement mais je ne voulais pas qu’ils m’atteignent moralement".

"J'ai décidé d'enseigner au collège parce qu'on est plus proche des élèves. Et j'ai décidé d'enseigner en ZEP parce qu'on se sent important, on a l'impression de servir à quelque chose", confie Marie. Pour être professeur dans un établissement en difficulté "je pense vraiment qu'il faut avoir de l'énergie et de la jeunesse. Ce n'est pas une question d'expérience professionnelle", estime-t-elle.

Des violences dont on ne parle pas

Dans les ZEP, "on se fait chahuter" et "non je ne me voyais pas rester dans cet établissement à 40, 50 ans", explique-t-elle avant d'ajouter "cela me manque, le rapport aux élèves n’est pas le même". Pour cette enseignante, "les violences sont taboues".

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"Je pense que si on n'en parle pas, c'est qu'il y a une raison, peut-être qu'il faut le cacher, c'est trop dur à assumer. Je n'ai jamais rencontré le ministre de l'Education Vincent Peillon", explique-t-elle. "Je n'oublie pas ces jeunes qui vivent ces violences. Je pense à eux souvent", raconte Marie.

La justice a réussi là où le système scolaire a échoué

Marie, une ancienne enseignante de ZEP

Les 2 garçons, âgés de 16 et 14 ans ont été condamnés à un an de prison avec sursis. "Cela me paraît peu par rapport à mes séquelles et ce que j'ai vécu. Mais je suis satisfaite parce que j'espère que cette sanction les empêchera de recommencer. La justice a réussi là où le système scolaire a échoué", conclut-elle.

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