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Une Ukrainienne de 39 ans recherchée par Interpol, un témoin clé, l'hypothèse de complicité... L'enquête sur l'explosion à Monaco totalement relancée

La justice monégasque recherche une Ukrainienne de 39 ans, visée par une notice rouge d’Interpol, après l’explosion qui a grièvement blessé un homme d’affaires d’origine ukrainienne à Monaco. Les enquêteurs privilégient la piste d’une tentative d’assassinat avec complicité.

Des membres d'une équipe de déminage interviennent au lendemain d'une attaque présumée impliquant un engin explosif dans le hall d'un immeuble résidentiel, à Monaco, le 30 juin 2026.

Crédit : Valery HACHE / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Un suspect a été identifié dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'assassinat à l'engin explosif contre un homme d'affaires d'origine ukrainienne à Monaco, a annoncé le parquet général de la principauté. 

La justice monégasque recherche une Ukrainienne de 39 ans soupçonnée d'avoir mené la tentative d'assassinat à l'engin explosif d'un homme d'affaires d'origine ukrainienne, et de ne pas avoir agi seule. 

Sur la notice rouge d'Interpol, équivalent d'une demande internationale d'arrestation, elle est identifiée comme Anastasiia Berezovska, recherchée pour tentative d'assassinats, dépôt dans une intention criminelle sur la voie publique d'un engin explosif et association de malfaiteurs. 

Le domicile en Allemagne de la suspecte a été perquisitionné ce vendredi 3 juillet mais l'intéressée n'a pas été retrouvée, a indiqué vendredi la police allemande.

La tête dissimulée sous un bob noir

Après l'explosion, elle est partie à pied vers la commune limitrophe de Beausoleil, où elle a récupéré son véhicule pour gagner l'Italie puis l'Allemagne, son dernier pays de résidence connu, où le véhicule avait été loué, a expliqué Morgan Raymond, procureur général adjoint de Monaco, lors d'un point presse vendredi matin. 

Le soir de l'explosion, elle a attendu sur un banc avant de déposer un engin explosif sorti d'un sac cabas à l'entrée de l'immeuble visé et de le déclencher à 20h58 grâce à une télécommande quand les trois victimes principales, qui rentraient à pied d'un dîner au restaurant, sont arrivées sur le perron. 

Un témoignage clé

Repérée sur les images de vidéosurveillance, elle était alors identifiée comme un homme de taille moyenne, la tête dissimulée sous un bob noir. Mais un témoin entendu le soir même et les images de ses repérages effectués les jours précédant l'explosion ont mis les enquêteurs sur la piste d'une femme "grimée en homme". 

En épluchant à nouveau les images vidéo, ils ont repéré une femme agissant de la même manière que l'homme au bob lors de ses repérages. "Ce qui permettait de considérer que cette femme, aux cheveux mi-longs bruns, de forte corpulence et présentant un imposant tatouage au bras droit, pouvait être la même personne", a expliqué Morgan Raymond. De là, les enquêteurs ont pu trouver le véhicule qu'elle utilisait, et le suivre dans sa fuite. 

Suspicion de complicité

"La relative sophistication de l'engin explosif et le modus operandi semblent indiquer que la personne ayant posé l'engin explosif n'a pas agi seule", a ajouté le procureur, sans donner plus d'information sur d'éventuels complices ou mobiles.  

Deux personnes ont été interpellées mais leurs gardes à vue ont été levées sans suites. L'enquête se poursuit désormais dans le cadre d'une information judiciaire sous la direction de plusieurs juges d'instruction. 

Cette identification "en 53 heures est le fruit d'une mobilisation exceptionnelle des personnes de la sécurité publique de Monaco", a salué leur responsable, Eric Arella, évoquant aussi la coopération exemplaire avec les pays voisins, en particulier la France. 

Le domicile en Allemagne de la suspecte perquisitionné

Le domicile en Allemagne de la suspecte de l'attaque a été perquisitionné mais l'intéressée n'a pas été retrouvée, a indiqué la police allemande. "Des éléments de preuve ont pu être saisis et seront remis aux autorités monégasques", a indiqué un communiqué de la police de la région de Hesse (ouest) et du parquet de Francfort, ajoutant que "la femme recherchée est actuellement en fuite". 

L'appartement de location de cette femme de 39 ans dans le district de Main-Taunus a été perquisitionné, de premières conclusions des investigations "menées par les autorités judiciaires monégasques ayant établi un lien avec la Hesse", selon la même source. 

Pas de confirmation de l'identité des victimes

Les autorités monégasques se refusent toujours à confirmer l'identité des victimes, mais selon des sources concordantes l'attaque a visé Vadim Ermolaev, 58 ans, richissime homme d'affaires originaire d'Ukraine et désormais de nationalité chypriote, ainsi que sa compagne et son fils de 13 ans. 

Ce dernier a été admis en urgence relative à l'hôpital pour enfants Lenval de Nice, tandis que les deux adultes ont été conduits en urgence absolue au CHU de Nice. L'état de Vadim Ermolaev s'est rapidement stabilisé mais le pronostic vital restait engagé vendredi pour sa compagne. 

Résidant à Monaco depuis au moins 2021, Vadim Ermolaev fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en Ukraine pour ses activités commerciales en Crimée, annexée par la Russie. L'homme ciblé ne faisait pas l'objet d'une enquête à Monaco et à la connaissance des autorités locales, il n'était pas recherché à l'étranger, selon le parquet général de la principauté. 

Cette tentative d'assassinat est un coup de tonnerre pour Monaco, micro-État méditerranéen ultrasécurisé de 2 km2 et d'à peine 40.000 habitants, une population internationale et souvent très aisée.                   

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