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"Une tierce personne qui va le voir régulièrement" : comment une psychologue a mené Cédric Jubillar aux aveux

Après des années de déni, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué sa femme en juillet dernier. Le détenu est passé aux aveux sous l'impulsion d'une psychologue qui lui rendait régulièrement visite en prison et qui s'est attachée à lui.

Cédric Jubillar lors de son procès à la cour d'assise du Tarn le 23 septembre 2025

Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP

Qui est cette femme qui a déclenché les aveux de Cédric Jubillar ?

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Plana Radenovic - édité par Benjamin Pierret

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Cédric Jubillar va participer ce vendredi 2 octobre à une reconstitution du meurtre de son épouse et mère de leurs deux enfants, Delphine. Un rendez-vous avec la justice qui fait suite à ses aveux, début juillet, quand le détenu de la prison de Toulouse-Seysses a reconnu les faits après près de six ans de déni. Comment en est-il venu à ces aveux, après des années passées à clamer son innocence ? C'est le résultat de l'œuvre, en coulisses, d'une femme. 

Cédric Jubillar a été condamné en 2025 à 30 ans de prison pour le meurtre de son épouse, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 dans le Tarn. L'homme de 39 ans, qui a nié toute implication pendant des années, a annoncé faire appel de cette condamnation : le procès aura lieu du 30 avril au 14 mai 2027. Entre temps, Cédric Jubillar a finalement reconnu les faits en juillet dernier. 

Celle qui l'a mené à ces aveux n'a rien à voir avec la nouvelle visiteuse, interdite de parloir la semaine passée après avoir été surprise en plein acte sexuel avec Cédric Jubillar. La femme qui a encouragé le détenu aux aveux a travaillé main dans la main avec les nouveaux avocats de ce dernier. Me Pierre Debuisson avait évoqué son influence, début juillet, lors d'une conférence de presse sur les aveux de son client :

"C'est un travail que je n'ai pas fait seul", déclarait-il alors. "C'est un travail d'équipe avec une tierce personne qui va le voir régulièrement à la maison d'arrêt depuis plusieurs mois, qui nous a beaucoup aidés."

"De l'ordre de la séduction"

Cette femme, nous avons retrouvé sa trace. Il s'agit d'une neuropsychologue d'Albi. Au départ, elle s'est intéressée à l'accusé comme objet d'étude, avant de s'attacher à Cédric Jubillar. C'est ce qu'elle a confié à un avocat lors du procès, en 2025.


Un procès auquel elle a assisté. Tous ceux qui ont assisté à l'audience l'ont remarquée, comme Me Philippe Pressecq, l'avocat de la cousine de Delphine. Il n'a rien raté du lien naissant entre l'accusé et cette jeune femme en combi-short rouge : "Il s'est focalisé sur cette personne qui s'est mise au deuxième rang, qui était là tous les jours et qui paraissait extrêmement fascinée par lui", raconte-t-il. "C'était quelqu'un qui était extrêmement intéressée par Cédric Jubillar, donc ça se voyait qu'il y avait quelque chose qui se jouait de l'ordre d'abord de l'intérêt puis de la séduction."

Au prononcé du verdict, alors qu'il vient d'être condamné à la très lourde peine de 30 ans de réclusion criminelle, la première réaction de Cédric Jubillar a été de se tourner vers cette femme et de lui lancer : "On s'appelle ?"

Une stratégie de défense ?

Comment a-t-elle fait, alors, pour le faire sortir de son déni ? En douceur, semble-t-il. Elle est allée le voir, plusieurs fois, au parloir de la prison de Toulouse-Seysses. On ne connaît pas le contenu de leurs conversations mais le psychologue Philippe Genuit, qui a expertisé Cédric Jubillar avant le premier procès, donne une clé importante: il ne pouvait avouer qu'en dehors de tout rapport de force. 

C'est cette même jeune femme qui présente Me Debuisson à Cédric Jubillar. Et lors d'un parloir, le client dit à son nouvel avocat cette phrase : "Maître, je vais tout vous dire." S'ensuit ce que l'on sait, les mots glaçants de Cédric Jubillar à la justice : "Je voulais qu'elle se taise". Est-ce une stratégie de défense, pour réduire sa peine ? Car des avocats de parties civiles le soulignent : s'il voulait authentiquement soulager sa conscience, donner une sépulture à la victime, il aurait pu se désister de son appel, après avoir avoué.

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