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Aveux de Cédric Jubillar, localisation du corps, “enquête bâclée"... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de ses avocats

Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn depuis décembre 2020, à deux mois de son procès en appel. Lors d'une conférence de presse ce lundi 6 juillet, ses nouveaux avocats ont évoqué "une énième dispute conjugale" derrière le meurtre et fustigé une enquête défaillante.

Pierre et Guy Debuisson, avocats de Cédric Jubillar, le 6 juillet 2026.

Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP

Jérémy Descours

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C'est un coup de théâtre. Alors qu'il niait toute implication depuis cinq ans, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn en 2020. Cette volte-face majeure intervient à deux mois de son procès en appel, prévu à partir du 21 septembre à Toulouse. Condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle, le peintre-plaquiste a adressé un courrier manuscrit à son avocat Pierre Debuisson. 

La Dépêche du Midi, qui a révélé l'information ce lundi 6 juillet, affirme avoir eu accès à cette lettre, dans laquelle Cédric Jubillar reconnaît aussi avoir chargé la dépouille de son épouse dans sa Peugeot 207 bleu marine afin de s'en débarrasser. Lors d'une conférence de presse organisée lundi à Toulouse, ses avocats Pierre et Guy Debuisson sont revenus sur ces aveux et sur leurs conséquences judiciaires.

"C'est moi"

Me Pierre Debuisson a d'abord raconté le basculement de son client. "Il y a quelques semaines, il m'a dit : écoutez maître, il faut que je vous dise la vérité, c'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme", a expliqué l’avocat devant une forêt de micros. Son conseil a aussi décrit "un besoin de parler", après plusieurs mois d'échanges à la maison d'arrêt et un "lien de confiance" noué avec Cédric Jubillar.

Des aveux après "une énième dispute conjugale"

Toujours selon son avocat, Cédric Jubillar a décrit un couple qui s'est "dégradé depuis plusieurs mois avec des tensions de plus en plus fortes". "C'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tournées et que celui-ci se retrouve à l'origine de la disparition de sa femme", a relaté Me Pierre Debuisson. Et de précisé que quand il a "réalisé son geste, il a tout de suite pensé à ses enfants, il n'a pas voulu leur infliger cette vision de ce corps inanimé de leur mère et a pris la décision de déplacer le corps".

Le corps de Delphine toujours introuvable

C’est désormais l'enjeu central du dossier. Dans sa lettre, Cédric Jubillar a donné "quelques précisions mais pas beaucoup de détails" sur la localisation du corps, selon son avocat, et il devrait s'exprimer davantage devant les magistrats. "Il n'y a rien de plus important aujourd'hui" que de retrouver le corps de Delphine Jubillar, a insisté Me Pierre Debuisson. Son père et associé, Me Guy Debuisson, a lui aussi estimé que de nouvelles fouilles devront être menées.

Cédric, un homme en "délabrement psychologique"

Les avocats ont longuement insisté sur l'état de leur client. Me Guy Debuisson a évoqué "un délabrement psychologique". Me Pierre Debuisson a parlé de la "grande fragilité" de Cédric Jubillar, liée selon lui à son "isolement carcéral" et à la prise de "médicaments très forts" depuis le début de son incarcération. Il assure aussi que son client "a des regrets profonds, sincères", qu'"il regrette son geste par-dessus tout" et qu'il est "très affecté par l'absence de liens avec ses enfants".

Me Pierre Debuisson décrit Cédric Jubillar comme un homme "harcelé en permanence". Il évoque la "pression des enquêteurs et des magistrats, isolement, médicament", estimant que "ça fait quand même beaucoup pour ce qui s'apparente plus ou moins à un crime passionnel".

Une enquête jugée "bâclée"

Face à la presse, les deux avocats ont aussi longuement critiqué l'enquête. "C'est flagrant, ça a été vraiment bâclé", a lancé Me Pierre Debuisson. "Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de 48 heures, toutes les informations auraient été recueillies et le corps de Delphine aurait été retrouvé", a-t-il insisté. Me Guy Debuisson a ajouté que "le travail de fond n'a pas été fait par les psychologues, les psychiatres".

Un procès en appel en septembre de plus en plus incertain

Pour la défense, la tenue du procès en appel à partir du 21 septembre paraît désormais compromise. "C'est impossible, ce serait grotesque", a répondu Me Pierre Debuisson au micro de BFMTV. En conférence de presse, Me Guy Debuisson a estimé qu'il fallait d'abord entendre Cédric Jubillar et engager des recherches pour retrouver la dépouille de Delphine Jubillar, disparue depuis décembre 2020.

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