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Une nourrice aux assises pour avoir secoué et frappé un bébé

Excédée par les cris du bébé, la nourrice avait bu "pour se détendre". La quadragénaire est accusé de lui avoir causé des lésions irréversibles.

La déesse de la justice (Illustration)
La déesse de la justice (Illustration)
Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Âgée de 45 ans, cette femme mariée, mère de trois enfants, ne possédait pas d'agrément mais connaissait la famille du bébé avant de le garder. Elle comparaîtra libre sous contrôle judiciaire devant la cour d'assises des Yvelines à partir du 7 avril.

Le 30 mars 2010, les parents accourent paniqués à Houilles, dans les Yvelines, après un coup de fil alarmant de la nourrice qui gardait l'enfant à son domicile. Ils y trouvent leur bébé de 5 mois et demi blessé au visage et au bras, inconscient. La nourrice est ivre, 1,35g d'alcool par litre de sang, et en pleine crise d'hystérie. Son explication : le bébé est tombé seul de son transat, face contre  terre.

Fractures et hémorragies

Dans le coma, l'enfant est évacué à l'hôpital. Les médecins qui l'examinent recensent alors de multiples lésions: fracture de la voûte du crâne, hémorragies intracrâniennes, hématomes au visage et sur le cuir chevelu, fracture au coude, traces de morsures récentes.

Devant les enquêteurs, la quadragénaire avance une nouvelle version, rapporte une source judiciaire. Dépressive depuis plusieurs années, elle boit le jour du drame plusieurs verres de vin cuit, "pour se détendre", justifie-t-elle, car elle ne supporte plus les hurlements du nourrisson.

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Face à ses pleurs, elle le tire violemment de son siège auto pour aller le changer, lui crie de se taire - "Tu me fais chier!" -, le jette sur la table à langer, relate-t-elle. La tête du petit garçon heurte le meuble dans "un grand crac". Il chute ensuite au sol, dit-elle, et pour le réanimer elle le secoue, le met sous la douche, le gifle. La scène aura duré 25 minutes.

L'enfant handicapé "à 60% au moins"

En plus de ces blessures, des lésions crâniennes vieilles de quinze jours font craindre aux médecins un précédent épisode de secousses. D'autant qu'avant ces faits déjà, le bébé semblait prendre peur lorsque des mains s'approchaient de son visage. Selon une source judiciaire, sa mère a expliqué qu'il se mettait à pleurer lorsqu'elle chantait, gestes l'appui, "Ainsi font, font, font, les petites marionnettes..."

Il est encore trop tôt pour connaître les séquelles définitives que conservera le petit garçon, aujourd'hui âgé de cinq ans et demi. Scolarisé dans une école spécialisée, il souffre d'une "atrophie d'une partie du cerveau", souligne Me Jean-Louis Chalanset, avocat des parents. "Il restera handicapé à 60% au moins". Ses médecins pointent quant à eux des "séquelles motrices permanentes".

L'accusée comparaîtra pour "violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente sur mineur de 15 ans par une personne ayant autorité sur la victime". Contactés par l'AFP, ses avocats n'ont pas souhaité s'exprimer avant l'audience. Le verdict est attendu le 10 avril.

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