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"Un effet d'opportunité extraordinaire" : sur RTL, Alain Bauer décrypte la triple "sous-estimation" des forces de l'ordre qui a conduit aux violences du 17 octobre

Invité sur RTL, le professeur émérite en criminologie juge que le mouvement risque de durer "une dizaine de jours" avant de se calmer, au vu des précédentes expériences du genre. Pour autant, il évoque un "événement inédit" vis-à-vis du nombre de blessés parmi les forces de l'ordre.

Alain Bauer, le 20 octobre 2026 sur RTL.

Crédit : RTL

"Un effet d'opportunité extraordinaire" : sur RTL, Alain Bauer décrypte la triple "sous-estimation" des forces de l'ordre qui a conduit aux violences du 17 octobre

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Olivier Boy & La rédaction numérique de RTL

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Invité sur RTL ce mardi, le professeur émérite en criminologie Alain Bauer voit "un effet d'opportunité extraordinaire" dans les pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre, alors qu'il y a eu une "sous-estimation globale" des autorités face à l'ampleur de la mobilisation. "On est dans des processus qui généralement durent une dizaine de jours", estime-t-il à notre micro, prenant l'exemple des émeutes liées à la mort de Nahel en 2023 et soulignant le "risque" de voir ces scènes se répéter prochainement.

"C'est une sorte de fusion entre plusieurs mouvements, qui apprennent les uns des autres comment se situer en mobilisation", détaille-t-il, en référence à l'association non seulement de gilets jaunes engagés contre la vie chère, ainsi que du mouvement des lycéens et étudiants.

Pour comprendre les défaillances survenues durant le week-end, la notion de "sous-estimation" est "importante". Pour Alain Bauer, il s'agit à la fois d'"une sous-estimation sur la masse des manifestants pas violents qui avaient des revendications", avec 200.000 personnes attendues contre 600.000 en réalité dans le pays, "du volume de casseurs politiques venus de France et semble-t-il du reste de l'Europe" avec quelques milliers de concernés plutôt que quelques centaines, et "du pillage, venu par l'effet cumulé des deux précédents".

"Les petites mains désœuvrées du narcotrafic ont aussi pu en profiter"

"Le pillage nécessite une masse en mouvement sur laquelle peuvent s'agréger des casseurs qui ont des objectifs politiques et des pilleurs avec un effet d'aubaine", ajoute le spécialiste. "Les casseurs viennent quand ils sentent qu'ils ont une marge de manœuvre. Il se trouve qu'ils arrivent d'habitude en fin de manifestation mais là, ils avaient des jeunes qui permettaient de s'agréger dès le début. La temporalité a perturbé le maintien de l'ordre".

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"Les petites mains désœuvrées du narcotrafic ont aussi pu profiter de cela pour des incendies d'école et des agressions, avec beaucoup d'exclus du système scolaire", précise-t-il. Et ce, dans une affirmation de l'idée selon laquelle "ce territoire est aussi à nous, nous ne sommes plus contingentés qu'aux points de deal, mais en position d'affronter l'État partout", résume Alain Bauer.

In fine, le nombre de "blessés dans l'affrontement direct aux policiers" est "un événement inédit" en termes de proportion, dixit l'universitaire, qui n'oublie pas les autres agents publics visés.

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