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Un couvoir breton jugé pour avoir étouffé et broyé des poussins

Cette affaire fait suite à la vidéo en caméra cachée diffusée par l'association L214 en 2014.

50 millions de poussins sont victimes de pratiques cruelles d'après l'association L214
50 millions de poussins sont victimes de pratiques cruelles d'après l'association L214
Crédit : KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Michael Ducousso & AFP

Une peine de six mois de prison avec sursis a été requise au tribunal correctionnel de Brest, mardi 2 février, à l'encontre du président du couvoir St François à Saint-Hernin dans le Finistère. Sa responsabilité et mise en cause dans des actes de cruauté envers des poussins

Le président, Daniel Glevarec, et le couvoir, en tant que personne morale, étaient poursuivis pour sept infractions dont "destruction volontaire et sans nécessité d'animal" et "mauvais traitement envers un animal". Il leur était également reproché une "gestion irrégulière de déchets", en raison du mélange des produits issus du broyage des poussins avec le compost issu de la fermentation des fientes de poules, vendu ensuite, sans autorisation, comme du compost organique. Les poussins passés au broyeur auraient dû partir à l'équarrissage, un service payant.

En plus des six mois de prison avec sursis, le parquet a requis une amende de 30.000 euros dont 15.000 avec sursis à l'encontre du couvoir. Le jugement a été mis en délibéré au 8 mars. 

Une vidéo choquante tournée en caméra cachée

L'affaire fait suite à une plainte déposée par l'association de défense des animaux, L214, qui avait diffusé une vidéo tournée en caméra cachée par l'un des employés, en novembre 2014. Cette vidéo toujours en ligne dévoile les conditions de vie et de mises à mort atroces que subissent les animaux. Des poussins sont ainsi mis dans des sacs en plastique et étouffés, jetés vivants dans une benne à ordure encore agonisant ou passés encore vivants dans un broyeur.

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À l'audience, le dirigeant du couvoir, Daniel Glevarec, a partiellement reconnu les faits reprochés, assurant avoir été au courant de certaines pratiques non conformes avec la législation mais ne pas les avoir cautionnées. "Jamais de la vie je n'ai prôné ce genre de technique, mais je n'étais pas derrière les salariés", a-t-il expliqué en suggérant que ces derniers ne respectaient pas ses consignes. "La consigne était de passer tous les poussins à l'euthanasieur" au préalable. 

Plus de 100.000 poussins tués dans des conditions atroces

Le couvoir vendait ou parfois donnait à des associations ou des particuliers des poussins destinés à alimenter des rapaces notamment. Avant d'être livrés ils étaient étouffés dans des sacs en plastique. L'association L214 a comptabilisé plus de 100.000 poussins mis à mort de cette façon en 2014. 

L'association L214 avait lancé une pétition, soutenue par de nombreux parlementaires, pour demander l'interdiction de "cette pratique cruelle" et non autorisée, qui concerne 50 millions de poussins selon elle. Remise au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, elle avait recueilli plus de 120.000 signatures. 
Au lendemain de la publication de la vidéo par L214, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) avait annoncé la remise à plat des normes du bien-être animal. L'association L214 estime cependant que "la situation n'a pas évolué" sur cette question et "espère avec ce procès faire évoluer la législation".

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