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Soupçonnés de trahison, deux ex-agents secrets français mis en examen et écroués

Deux ex-agents de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) ont été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère, probablement la Chine.

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Soupçonnés de trahison, deux ex-agents secrets français mis en examen et écroués Crédit Image : AFP / Martin Bureau | Crédit Média : Thomas Prouteau | Durée : | Date :
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Lucie Valais
et AFP

L'histoire est digne des plus grands films d'espionnage. Deux anciens agents des services secrets français ont été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère, affirme ce jeudi 24 mai des sources judiciaires et gouvernementales, qui confirment en partie les informations de presse qui mettent en cause la Chine. 

Ces deux ex-agents de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure), aujourd'hui à la retraite, et l'épouse de l'un deux sont poursuivis pour des "agissements d'une extrême gravité", a annoncé le ministère des Armées dans un communiqué. Ils ont été mis en examen le 22 décembre dernier, et deux d'entre eux sont depuis en détention provisoire.

C'est selon les informations de l'émission Quotidien de Yann Barthès, ainsi que du quotidien Le Monde, que l'affaire a été révélée, ce jeudi 24 mai. Ces deux médias affirment que quatre personnes étaient soupçonnées d'avoir infiltré les services de renseignements français pour le compte de Pékin. Pour autant, l'exécutif ne mentionne pas le pays en cause.

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Démasqués par la DGSI

Les agents doubles auraient ainsi été démasqués par des enquêteurs de la DGSI, qui dépend de l'autre ministère, de l'Intérieur (la DGSE dépend du ministère des Armées). "Ces agissements d'une extrême gravité ont été détectés par ce service qui a porté à sa propre initiative ces faits à la connaissance du procureur de Paris", explique le ministère de la Défense. 

Deux des trois suspects sont poursuivis pour "livraison à une puissance étrangère d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation" et "compromission du secret de la Défense nationale", a précisé la source judiciaire. "L'un d'eux a également été mis en examen du chef de provocation directe au crime de trahison", a-t-elle ajouté. 


Les faits qui leur sont reprochés, à savoir "intelligence avec une puissance étrangère", est une trahison passible de trente ans de prison, explique Azzedine Ahmed-Chaouch, qui a enquêté sur l'affaire pour Quotidien.

Une affaire classée secret défense

La troisième personne - vraisemblablement l'épouse - a été mise en examen pour "recel des crimes et délits de trahison" et placée sous contrôle judiciaire, selon la même source.    

Les faits reprochés "constituent un point d'attention majeur pour la DGSE comme pour tous les services de contre-espionnage français, qui font preuve d'une très grande vigilance dans la détection et l'entrave de ces menaces", a souligné le ministère des Armées sans plus de précisions. 

Face aux questions du journaliste de Quotidien au Conseil des ministres, Florence Parly, la ministre des Armées (dont dépendent les quatre agents doubles présumés), n'a pas souhaité s'exprimer. Même réaction du côté de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, "qui n'en a aucune idée". "Vous pensez que je vais vous répondre ?", lâche de son côté Édouard Philippe, le premier ministre.

Selon les informations de Quotidien toujours, Emmanuel Macron aurait demandé à tous les agents des renseignements de collaborer pour interpeller ces potentiels agents doubles.

En Chine, un risque bien présent

Le risque d'espionnage est bien réel en Chine, puisque le personnel diplomatique en poste est régulièrement sensibilisé sur le sujet. Pékin impose à chaque ambassade étrangère sur son territoire un quota d'employés chinois, directement rattachés à une agence gouvernementale, ce qui nourri donc le risque de suspicion. Tout le monde se méfie à l'ambassade, confiait récemment un employé français à Sébastien Ricci, correspondant en Chine pour RTL.

En 2011, quelques semaines avant l'inauguration de l'ambassade de France à Pékin, des micros auraient d'ailleurs été découverts par les services du contre-espionnage français. Mais le cas le plus retentissant est sans doute celui d'un ancien comptable de l'ambassade à Pékin, arrêté dans les années 80, après plusieurs années de relation avec un danseur d'opéra chinois, qu'il pensait être une femme.

Il fût inculpé d'intelligence avec une puissance étrangère, après la disparition d'une centaine de documents confidentiels. 

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2018-05-25 01:34:00
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