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Des policiers sur la place de la Nation à Paris lors d'une manifestation autour du mouvement lycéen, le 6 octobre 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Une nouvelle journée de mobilisation. Alors que des manifestations sont prévues un peu partout en France ce samedi 17 octobre, à l'appel du mouvement des gilets jaunes qui protestent contre la vie chère, rejoints par les lycéens mobilisés depuis maintenant trois semaines, les policiers se préparent à une journée difficile.
"On la craint", déclare sur RTL Grégory Joron, secrétaire général du syndicat de police Unité. "On a quand même une difficulté d'évaluation du risque. Ça veut dire que de l'autre côté, on a un engagement extrêmement fort qui est attendu de la part de nos collègues. Il y a beaucoup de rappels, de décalages, de suppressions de repos, justement, pour mettre de nombreux policiers et avoir un dispositif extrêmement solide."
Les forces de l'ordre s'attendent à de nouveaux débordements, parfois violents, en marge des manifestations prévues. "On sait bien que s'il y a du monde (...) malheureusement, on aura sûrement des éléments ultraviolents", affirme le représentant syndical. "Ce n'est pas une découverte. Ils ont repris et renoyauté les cortèges depuis 2016."
D'autant que les policiers font face à une fatigue grandissante, mobilisés depuis plusieurs semaines sur les manifestations lycéennes. "Sur ces journées nationales d'action, il faut juste se rappeler que les fonctionnaires de police effectuent entre 15, 18, voire même 20 heures de service."
Le représentant syndical rappelle que près de 1.000 policiers et gendarmes ont été blessés en marge de la mobilisation lycéenne ces dernières semaines. Il évoque des blessures qui vont "de la contusion jusqu'à des fractures" mais aussi "des brûlures, notamment à cause des mortiers".
En parallèle, 36 enquêtes sont en cours à l'Inspection générale de la police nationale pour des réponses policières ayant causé des blessures chez des lycées, dont plusieurs blessures "mutilantes", indiquait le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, au cours de la semaine. Pour rappel, à Lens, un adolescent a eu la main arrachée par une grenade policière. À Tours, un lycéen a perdu l'usage d'un œil après une blessure correspondant à un impact de balle de LBD.
Mais le secrétaire général du syndicat de police Unité évoque une violence policière "légitime" dans certains cas, rappelant qu'il existe un "monopole de la violence légitime qui est réservé aux forces de police, et de l'autre côté, je crois, des violences qui ne sont pas légitimes". Concernant l'adolescent qui a perdu une main, "ça semblait être classé en étant légitime, même si, humainement, on ne peut évidemment que déplorer le résultat", déclare Grégory Joron.
Avec le début des vacances scolaires ce vendredi soir, les forces de l'ordre disent espérer "une accalmie" du mouvement. "J'espère que tout le monde reviendra à la raison et que les policiers puissent enfin arrêter d'enchaîner les moments compliqués". De leur côté, lycéens, professeurs et même personnalités politiques ont affirmé dans la semaine que la mobilisation se poursuivrait malgré les vacances scolaires.
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