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Le lycée Paul Eluard bloqué par des élèves et des enseignants en grève, le 15 octobre 2026.
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
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Les mains croisées sur une table en bois, Bilal peine encore à comprendre ce qui s'est joué quelques heures plus tôt. Jeudi 15 octobre, aux alentours de midi, cet adolescent de 16 ans se tient debout devant son lycée Paul-Éluard avec une pancarte au-dessus de la tête sur laquelle on peut lire : "On veut bâtir notre avenir, pas le subir". Quelques instants plus tard, la situation bascule.
Sur RTL, il raconte qu'un policier s'approche de lui : "Il m'a arraché la pancarte, il l'a jetée", dit-il. L'adolescent reconnaît avoir ensuite perdu son calme : "Du coup, ça m'a énervé et je l'ai insulté." Immédiatement, les forces de l'ordre cherchent à l'interpeller. Bilal parvient toutefois à se réfugier dans son lycée.
Il raconte ensuite que le proviseur l'attrape par le bras, l'emmène dans son bureau, ferme la porte à clé, puis appelle la police. "Il y a eu les policiers de la Bac qui sont venus. Au début, ils étaient sympas avec moi. Ils ne m'ont pas frappé ni rien. Ils m'ont demandé d'ouvrir mon sac. J'ai coopéré, j'ai ouvert mon sac, j'ai montré ce qu'il y avait", raconte-t-il.
Derrière la porte du bureau, une chaîne humaine de surveillants et de professeurs se forme. Parmi eux, Corentin, enseignant de mathématiques au lycée Paul-Éluard. Pour lui, l'affaire dépasse largement un simple incident disciplinaire. "L'école est censée être un sanctuaire", affirme-t-il.
Puis il ajoute : "Notre établissement est censé être un espace où les élèves sont en sécurité et protégés et pas un espace où la police peut rentrer et interpeller un élève avec la complicité de la direction."
Avec plusieurs collègues, il demande désormais le licenciement du proviseur qui est le seul à pouvoir autoriser l'intervention de la police au sein de l'établissement. De son côté, Bilal annonce vouloir porter plainte contre le directeur de son lycée.
Selon la préfecture de police de Paris, près de 300 élèves étaient rassemblés à proximité du lycée lorsque plusieurs infractions auraient été commises contre les policiers, notamment des outrages, des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et la possession d'un engin incendiaire. Quatre personnes ont été interpellées au total.
Deux policiers ont été blessés, l'un après un coup de poing au visage, l'autre après un coup de pied à la tête. Ils ont déposé plainte, a précisé la préfecture à RTL. Le parquet de Bobigny a demandé l’ouverture d’une enquête de flagrance pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
La préfecture rappelle que les forces de l'ordre peuvent intervenir dans un établissement scolaire lorsqu'elles sont requises par le chef d'établissement ou lorsqu'elles y accèdent avec son accord, selon l'Article 421-10 du Code de l'établissement.
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