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"Quand j'ai vu le couteau..." : agressée par une mère de famille et ses enfants, une surveillante raconte sur RTL comment elle a protégé des collégiens

À Toulouse, une mère de famille comparaît devant la justice après l’agression de deux élèves et d’un membre du personnel dans un collège, le 13 mai 2026. Selon le récit de Laura, chargée de la sécurité, la prévenue et ses deux enfants seraient venus armés de couteaux pour une opération de vengeance sur fond de harcèlement.

Le logo de la police nationale (illustration)

Crédit : AFP

Agressée par une mère de famille et ses enfants, une surveillante raconte sur RTL comment elle a protégé des collégiens

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Valentin Larquier - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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À Toulouse, une mère de famille comparaît devant la justice pour l’agression de deux élèves et d’un membre du personnel d’un collège. Les faits remontent au 13 mai 2026. Ce jour-là, la prévenue et ses deux enfants âgés de 15 et 17 ans ont fait irruption dans l’établissement, armés de couteaux, afin d'agresser un collégien accusé de harceler le plus petit de la famille. 

Laura, chargée de la prévention et de la sécurité au sein du collège, a assisté à la scène. C'est elle qui ouvre le portail du collège lorsqu'elle aperçoit un attroupement devant l'établissement. "Quand je m’interpose, ce qui se passe, c’est qu’il cherche vraiment à atteindre cet élève. Donc tout de suite, je le protège et je le mets derrière moi. Et on est un peu piégé puisqu’on a la grille du portail derrière. Et en fait, je suis bouclier humain, c’est-à-dire que je suis très vite consciente que je peux prendre des coups. Donc j’essaye de comprendre ce qui se passe, quelle est l’origine du litige", raconte-t-elle au micro de RTL.

Plusieurs rencontres avec la CPE, sans être "prise au sérieux"

Tandis que la mère s'explique, Laura comprend qu'elle serait venue plusieurs fois voir la CPE, sans avoir le sentiment d’être prise au sérieux. Elle aurait alors décidé de régler la situation elle-même. "La maman disait : 'plante-le, plante-le'. Elle donnait les ordres aux deux adolescents qui s’exécutaient", rapporte Laura, expliquant avoir dû gérer seule cette situation particulièrement tendue.

Face à la violence de la scène, Laura craint le pire : "quand j’ai vu le couteau, je me suis dit : “je ne vais peut-être pas rentrer chez moi ce soir”". Malgré tout, elle parvient à calmer la famille.

J’ai quand même de l’empathie pour cette famille parce que j’ai compris qu’ils avaient de lourdes difficultés

Laura, membre de l'établissement scolaire et témoin de la scène

Si elle condamne les faits, l'agente dit "avoir de l’empathie pour cette famille" aux "lourdes difficultés", notamment pour cet enfant " qui pâtit des actes des adultes de sa famille". "Après, venir avec des armes, agresser les gens qui travaillent et puis d’autres mineurs pour faire justice soi-même, ce n’est pas acceptable", déplore-t-elle. Elle appelle également la société à intervenir afin "d’apporter une réponse pénale", mais aussi "pédagogique".

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Laura a bénéficié du soutien du rectorat. Le recteur l’a contactée personnellement. Pourtant, sa situation professionnelle reste incertaine. "J’ai été orientée sur une évolution de carrière, mais à ce jour je n’ai aucune affectation et mon contrat n’est pas renouvelé", explique-t-elle. Elle regrette également le manque de soutien de la direction de son établissement. "On ne considère pas la parole du lanceur d’alerte", dénonce-t-elle. 

De son côté, la cheffe d'établissement a exprimé les difficultés rencontrées par le collège depuis l'événement : "La réputation de l'établissement, que l'on s'attachait à améliorer, en a pris un coup. Nous avons aussi beaucoup de collègues qui sont en souffrance." Plusieurs familles ne souhaitent pas réinscrire leur enfant pour la prochaine rentrée scolaire. 

Aujourd’hui, Laura souffre d’un syndrome de stress post-traumatique. Elle doit suivre un accompagnement psychologique pendant au moins un an. Lors de l'audience, la mère de famille a défendu une autre version. En allant récupérer sa fille, elle dit avoir vu son fils se faire agresser. La famille se serait alors jetée sur l'un des enfants harceleurs. Une version qui ne sera pas retenue par le tribunal, qui l'a condamnée à un an de prison, dont six mois avec le port d'un bracelet électronique. 

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