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Propos sur Hitler et les gens du voyage : amende avec sursis pour le maire de Cholet

Gilles Bourdouleix a écopé d'une amende de 3.000 euros avec sursis pour apologie de crime contre l'Humanité, moins que ce qui avait été requis par le parquet.

Le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix.
Le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix. Crédit : AFP / Franck Perry
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Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet (ex-UDI), a été condamné jeudi 23 janvier à 3.000 euros d'amende avec sursis pour apologie de crime contre l'Humanité, pour avoir dit lors d'un incident avec des gens du voyage en juillet qu'Hitler "n'en avait peut-être pas tué assez".

La décision du tribunal correctionnel d'Angers est en-deçà des réquisitions du parquet, qui avait demandé 6 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende à l'encontre de l'élu. Le magistrat du ministère public avait estimé que la phrase, prononcée en marge d'une altercation et qui avait fait scandale après avoir été rapportée par la presse, "est clairement apologétique" et "exalte le crime commis" à l'encontre des gens du voyage durant le IIIe Reich, en exprimant "le regret qu'on n'en ait pas tué assez".

Le 21 juillet 2013, intervenant sur un terrain agricole de sa commune occupé illégalement par plus d'une centaine de caravanes de gens du voyage, le maire s'était vivement opposé à leurs occupants. Il avait glissé à un journaliste "qu'Hitler n'en avait peut-être pas tué assez".
Bourdouleix, maire de Cholet depuis 1995 et député depuis 2002, avait été contraint de quitter l'UDI en raison de ses propos. Il encourait cinq ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

"Une bêtise", selon son avocat

"Le comportement de Gilles Bourdouleix est totalement intolérable pour l'ordre public. Il porte atteinte à nos valeurs sociales, sont un ferment de désordre, de haine et de violence", a dit à l'audience Gambert. Le procureur a relevé que la phrase était suivie de l'interrogation "hein?", et a estimé que l'élu a cherché "l'approbation de son voisin" et "sait parfaitement que ses propos sont tenus suffisamment fort" pour être entendus à la ronde.

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Jeudi à l'ouverture du procès, l'avocat de Bourdouleix, Me Pierre Brossard, avait soulevé un moyen de nullité, arguant qu'un "discours implique un public". Or, selon lui, "quand Gilles Bourdouleix prononce sa phrase, il ne s'adresse à personne (...) il marmonne cette phrase. Marmonner, c'est parler entre ses dents". L'avocat a également souligné que, selon lui, le terrain sur lequel se sont déroulés les faits n'était pas un espace public, mais un terrain agricole loué.

"Est-ce que quelqu'un qui dit une bêtise, est poussé à bout après une heure et demie, à qui on fait des saluts hitlériens, sans jamais savoir qu'il est enregistré, mérite d'être cloué au pilori?", a demandé Me Brossard. La question de la nullité sera tranchée de façon distincte ultérieurement.

Condamnés aussi pour insulte et diffamation contre un journaliste

Rapportés le lendemain par le quotidien régional Le Courrier de l'Ouest, les propos de Gilles Bourdouleix avaient provoqué un tollé en France. Dans un premier temps, Bourdouleix avait contesté la véracité des propos rapportés mais Le Courrier de l'Ouest avait diffusé l'enregistrement de son journaliste. Dans le cadre de l'enquête judiciaire, l'enregistrement a été authentifié par des experts, et le maire de Cholet renvoyé en correctionnelle.

Contrairement à ce qu'il avait annoncé précédemment, Me Brossard n'a finalement pas demandé le renvoi du procès. Il avait mis en avant mercredi "l'impact du calendrier électoral", les risques "d'instrumentalisation" du procès et son poids sur le scrutin municipal, selon le parquet d'Angers. Par ailleurs, l'élu a été condamné jeudi à 600 euros d'amende pour insulte et diffamation à l'encontre du journaliste qui a rapporté ses propos, qualifié de "petit merdeux", et de son journal. Il devra leur verser un euro symbolique au titre des dommages et intérêts.

Plus d'une dizaine d'associations avaient annoncé vouloir se porter parties civiles, mais seules celles d'organisations représentatives de gens du voyage ont été acceptées. Gilles Bourdouleix a de nombreuses fois fait parler de lui pour son hostilité à l'égard des tziganes. Dans un communiqué publié jeudi, la Ligue des droits de l'homme a dit espérer "que ces poursuites mettront enfin un terme à cette escalade". 

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