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Procès de Tariq Ramadan : accusé absent, la cour criminelle de Paris ordonne une expertise médicale

Poursuivi pour viols, Tariq Ramadan ne s’est pas présenté lundi 2 mars devant la cour criminelle départementale de Paris. Hospitalisé en Suisse selon ses avocats, il fait désormais l’objet d’une demande de mandat d’arrêt international, tandis qu’une expertise médicale a été ordonnée.

Tariq Ramadan.

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Corentin Alloune & AFP

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Tariq Ramadan absent à la barre. Ce lundi 2 mars, l'islamologue, poursuivi pour viols sur trois femmes, ne s'est pas présenté devant la Cour criminelle départementale de Paris. Il nie les faits et affirme qu'il s'agissait de relations sexuelles consenties.

La cour criminelle départementale de Paris a ordonné ce lundi une expertise médicale sur pièces, l'accusé ne s'étant pas présenté pour cause d'hospitalisation à Genève selon ses avocats.

L'audience reprendra mercredi 4 mars à 14h, a annoncé la présidente de la cour. En fonction de cette expertise, confiée à deux neurologues, la cour décidera d'un renvoi ou pas du procès à une date ultérieure.

Le prédicateur de 63 ans, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une autre femme, est censé comparaître jusqu'au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.

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Son absence est justifiée par son hospitalisation à Genève, en Suisse, selon ses avocats, en raison d'une sclérose en plaques, mais en dépit de son contrôle judiciaire qui lui imposait de vivre près de Paris.

Selon Me Marie Burguburu, un de ses conseils, son client vivait à la frontière avec la Suisse et effectuait "depuis des mois" des visites à Genève au chevet de sa mère, âgée de 93 ans. Il a été hospitalisé au cours d'un de ces déplacements en raison d'une aggravation de son état.

La présidente de la cour a observé que le contrôle judiciaire auquel est soumis Tariq Ramadan lui imposait aussi de vivre à Saint-Denis, près de Paris, et non à la frontière franco-suisse.

"Eluder le débat"

"On comprend que l'idée, c'est d'éluder le débat qui doit démarrer aujourd'hui", a déclaré Me David-Olivier Kaminski, avocat d'Henda Ayari, une des parties civiles. "Il ne faut pas se leurrer, Tariq Ramadan utilise tous les moyens pour ne pas comparaître et pour ne pas être jugé", a abondé l'avocat général.

Après plusieurs rebondissements procéduraux, la cour d'appel de Paris a ordonné en juin 2024 un procès contre cette figure contestée de l'islam européen pour des viols sur trois femmes : un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur "Christelle" (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009 ; un autre viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017 ; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.

Initialement, les juges d'instruction chargés des investigations l'avaient aussi renvoyé en procès pour des viols sur une quatrième femme, Mounia Rabbouj. Mais l'islamologue avait saisi la cour d'appel, qui a finalement écarté le cas de cette dernière.

Elle avait aussi balayé la notion d'"emprise" qui avait imprégné jusqu'alors le dossier, jugeant que ce concept, "au sens d'un stratagème aboutissant à la privation nécessairement totale du libre arbitre", ne pouvait être retenu à aucun stade de la relation entre Tariq Ramadan et les parties civiles.

Une demande répétée pour des offensives procédurales de la part de Tariq Ramadan

Pour la cour d'appel, c'est au contraire "la violence qui est principalement mise en avant dans les différents récits" des victimes. Les plaignantes ont en effet décrit des relations sexuelles particulièrement brutales, résumées ainsi par les juges d'instruction dans leur ordonnance.

L'intellectuel avait d'abord nié avoir eu des rapports sexuels avec ces femmes, puis admis à la mi-2018 l'existence de relations adultères, empreintes "de domination", rudes mais "consenties", un tournant majeur dans ce dossier.

Tariq Ramadan a multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d'un procès, arguant disposer de nouvelles expertises prouvant selon lui son innocence.

En Suisse, après avoir été acquitté en première instance, il a été condamné en appel en septembre 2024 à trois ans de prison dont un an ferme pour le viol d'une femme dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008 dans un hôtel à Genève.

Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et a par ailleurs déposé une demande en révision du procès, en cours de traitement selon la justice genevoise.

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