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Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire
Crédit : JULIEN DE ROSA / POOL / AFP
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L'affaire quitte l'arène politique et médiatique pour prendre la voie judiciaire. Dans une nouvelle procédure liée au scandale du périscolaire parisien, une quinzaine de familles, qui dénoncent des violences et atteintes sexuelles sur leurs enfants, ont annoncé porter plainte contre la Ville de Paris et son maire socialiste Emmanuel Grégoire, ainsi que sa prédécesseure Anne Hidalgo, vendredi 4 septembre.
Réunies autour de l'association MeTooEcole, ces familles, dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des IXe, XIe et XVe arrondissements, demandent à la justice d'examiner ce que ces responsables savaient des dysfonctionnements dans le périscolaire parisien, et sur leur absence d'action supposée pour y remédier.
La plainte, qu'un collectif d'avocats, Mes Maxime Delacarte, Elise Le Gall, Julia Basile et Kathleen Taieb, a annoncé déposer auprès du parquet de Paris vendredi, vise un ensemble de personnes dont l'ancienne maire PS Anne Hidalgo (2014-2026), et son successeur Emmanuel Grégoire en tant que maire en exercice depuis mars 2026. Patrick Bloche, qui fut en charge des affaires scolaires à l'Hôtel de Ville et premier adjoint d'Anne Hidalgo jusqu'en 2026, est également visé.
D'autres procédures sont déjà ouvertes contre des animateurs soupçonnés d'avoir agressé des enfants, mais cette plainte vise plus particulièrement la Ville et ses responsables en tant "qu'organisateur et exploitant du temps périscolaire" dans les écoles primaires.
Au niveau pénal, la plainte évoque la mise en danger délibérée d'autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d'infraction sur les enfants, parfois âgés de deux à quatre ans.
Selon les plaignants, la Ville de Paris et des responsables de sa direction des affaires scolaires (Dasco) ont eu connaissance des dysfonctionnements par des signalements des familles, dont certains sont restés en interne, et des "alertes documentées de longue date", et n'ont pas pris les mesures nécessaires : suspensions des agents impliqués, information des familles, saisie de la justice. Ils accusent les responsables de la Ville d'avoir eu connaissance "du caractère systémique du péril", notamment à compter du printemps 2025, lorsque les premières affaires ont éclaté.
Emmanuel Grégoire, qui fut dix ans adjoint d'Anne Hidalgo, a quitté l'Hôtel de Ville à l'été 2024 pour devenir député. Le nombre d'animateurs suspendus par la Ville pour des faits à caractère sexuel (20 en 2025, puis 52 depuis le début de l'année 2026) "traduit une connaissance, au plus haut niveau de l'exécutif municipal, de l'ampleur et de la récurrence du phénomène", illustrent-ils.
Les responsables de la Ville ne pouvaient alors pas "ignorer la réalité et la gravité du risque", et auraient dû adopter "sans délai des mesures de protection", accusent-ils. "Au-delà de chacune de ces affaires, ces faits révèlent l'omerta systémique qui s'est installée au sein de la Ville de Paris", a estimé Barka Zerouali, porte-parole de MeTooEcole.
Au plan pénal, Anne Hidalgo et Patrick Bloche sont déjà directement visés par trois plaintes déposées fin août par des familles de l'école Saint-Dominique (VIIe arrondissement). "Il n'y a jamais eu de la part d'Anne Hidalgo ni défaillance, ni faiblesse, ni inaction. Qui peut imaginer la maire de Paris vouloir protéger des prédateurs sexuels ?", avait réagi son avocat Patrick Klugman.
Une vingtaine d'élus de la droite et du centre, dont la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati, ainsi que le groupe coprésidé par Sophia Chikirou (LFI), ont aussi fait un signalement au parquet. Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire doivent par ailleurs être auditionnés mi-septembre par la commission d'enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire à l'échelle nationale.
Mardi, l'édile de la capitale doit en outre être entendu par une mission d'information et d'évaluation (MIE) transpartisane sur le sujet, composée de 15 conseillers de Paris, a indiqué à l'AFP Inès de Raguenel (LR), la présidente de la MIE.
Emmanuel Grégoire a engagé un plan d'action de 20 millions d'euros de lutte contre les violences sexuelles dans le périscolaire, qu'il a érigé en "priorité absolue" de son début de mandat. Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville de Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont par ailleurs en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, en milieu scolaire et périscolaire.
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