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Nantes : un millier de personnes marchent après la mort d'un jeune

Une marche blanche était organisée jeudi 5 juillet dans le quartier du Breil pour réclamer que toute la vérité soit faite sur la mort d'un jeune homme, victime d'un tir d'un policier.

Un millier de personnes se sont réunies dans le quartier de Breil, à Nantes, le jeudi 5 juillet.
Un millier de personnes se sont réunies dans le quartier de Breil, à Nantes, le jeudi 5 juillet. Crédit : Damien MEYER / AFP
Christophe Guirard et AFP

C'est à partir de 18 heures que des habitants du quartier de Breil à Nantes (Loire-Atlantique), secoué par des violences urbaines depuis deux nuits, se sont rassemblés à l'endroit de la mort d'Abou. "Bavure !!!!" et "Police tue" ont été inscrits sur le muret où la voiture conduite par le jeune homme de 22 ans s'est encastrée après que le conducteur eut été touché par le tir du policier lors d'un contrôle de police.

Le policier a été placé en garde à vue jeudi à 12H40 par l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, ndlr) "du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a annoncé jeudi dans un communiqué le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès. "Ce n'est qu'à l'issue de cette mesure de garde à vue que le procureur de la République de Nantes sera en mesure de faire connaître sa décision sur les suites à réserver à cette affaire", est-il précisé.

En visite jeudi à Nantes, le Premier ministre Édouard Philippe a exigé "la plus grande transparence" sur les circonstances de la mort du jeune homme. Edouard Philippe a également exprimé sa "condamnation la plus ferme" des violences, en précisant que 11 gardes à vue étaient en cours jeudi matin, pour la plupart des jeunes arrêtés dans le quartier du Breil où a été tué le jeune homme originaire de Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise). Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a lui assuré depuis Marseille que le gouvernement ferait "tout pour apaiser la situation (...): c'est notre devoir de restaurer la tranquillité à Nantes, comme nous souhaitons le faire dans tout le pays".

"On brûle nos quartiers, on est déjà pauvres"

Dans la nuit de mercredi à jeudi, plus d'une quarantaine de véhicules ont été incendiés dans les quartiers dits "sensibles" de Nantes: le Breil, Bellevue, les Dervallières et Malakoff. Sept bâtiments publics et une dizaine de commerces ont aussi été incendiés. La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, s'est rendue jeudi soir dans les quartiers du Breil et des Dervallières pour apporter son soutien aux forces de l'ordre. "Je comprends le chagrin, mais je ne comprends pas la destruction des biens publics", a déclaré Nicole Klein à la presse, alors que quelques cris d'"Assassins" fusaient dans la rue.

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"On brûle nos quartiers, on est déjà pauvres. On peut s'exprimer d'une autre manière que la violence", affirmait une habitante du quartier du Breil jeudi matin, partagée entre colère envers les jeunes après les destructions et envers la police qui n'est "jamais là". Les proches du jeune homme tué mardi soir avaient appelé au calme mercredi soir par la voix de leur avocat. Sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs", le jeune conducteur a tenté de s'enfuir en effectuant une marche arrière, avait indiqué mercredi le procureur Sennès.

Selon une source proche du dossier, les cinq collègues du policier auteur du coup de feu, entendus le soir des faits, ont affirmé que le conducteur a fait une marche arrière à "très vive allure", au point de risquer de renverser deux des quatre enfants qui jouaient sur la chaussée derrière la voiture. Toujours selon eux, l'un des policiers a juste eu le temps de pousser l'un des enfants, de prendre l'autre dans ses bras et de se mettre à l'abri devant le fourgon de CRS. Ces déclarations des policiers n'ont pas été confirmées par le procureur et sont contredites par des habitants du quartier interrogés par l'Agence France-Presse qui disent avoir assisté à la scène. Selon une femme qui a filmé la scène, il n'y avait "pas de CRS derrière la voiture, il n'a écrasé personne". 

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