3 min de lecture

"Monte ou je te bute" : un policier d'Angoulême avoue le viol et l'enlèvement d'une ado et cinq tentatives agressions sexuelles

Placé en garde à vue, le fonctionnaire de police est passé aux aveux. Il a été présenté au parquet d'Angoulême, ce jeudi 15 janvier, en vue de l'ouverture d’une information judiciaire.

Un policier d'Angoulême accusé de six agressions, dont un viol sur mineure. (Illustration)

Crédit : AFP

Jérémy Descours

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Arrêté ce mardi 13 janvier à Nersac  (Charente), un policier d'Angoulême mis en cause dans plusieurs affaires est passé aux aveux face aux gendarmes de la brigade de recherches d'Angoulême. Au total, les enquêteurs lui reprochent six agressions, dont le viol d'une adolescente de 17 ans survenu le 31 janvier 2025 à Hiersac.

Dans un communiqué, le vice-procureur de la République d'Angoulême, Mathieu Auriol, apporte ce jeudi 15 janvier plus de précisions sur cette enquête. C'est pourtant la dernière agression, commise le 6 janvier 2026 à Nersac, qui a tout fait basculé. Ce jour-là, une femme de 60 ans avise les gendarmes d'une violente agression qu'elle venait de subir aux alentours de 7h.

Lors de son témoignage, la victime indique avoir été mise au sol par un individu arrivé dans son dos. Ce dernier lui aurait alors ordonné de monter dans sa voiture. "Une lutte avait suivi jusqu’à ce que la victime sorte un canif, mettant en fuite son agresseur dont elle donnait un signalement vestimentaire et physique précis", explique Mathieu Auriol.

Quatre agressions similaires

Cette description a tout de suite mis la puce à l'oreille aux enquêteurs qui ont immédiatement fait des rapprochements avec quatre autres agressions sur des femmes survenues à la même période dans les environs d'Angoulême : celle d'une femme de 61 ans le 19 novembre 2025 à Nersac, une femme de 19 ans le 26 décembre 2025 à Saint-Michel, une femme de 53 ans le 1er janvier 2026 à Angoulême et enfin une femme de 18 ans le 5 janvier 2026 à Gond-Pontouvre.

À écouter aussi

"Pour ces quatre agressions, l’individu agissait toujours selon le même mode opératoire, baissant sa vitre conducteur le visage partiellement dissimulé, tendant une arme de poing vers sa victime prononçant les mots 'monte, ou je te bute'", précise le vice-procureur tout en indiquant que ces quatre victimes avaient réussi à prendre la fuite. 

Grâce aux investigations de téléphonie et de vidéo-surveillance, menées par la brigade de recherches d’Angoulême, le véhicule utilisé par le policier est identifié mais aussi "les déplacements de son propriétaire et sa présence géolocalisée sur chacune des cinq agressions".

Une première agression un an auparavant

Mais le travail des gendarmes ne s'arrête pas là. Grâce à leurs informations, les militaires arrivent à lier une autre procédure en cours survenue, elle, le 31 janvier 2025 à Hiersac. Ce matin-là, une jeune fille de 17 ans est enlevée - alors qu'elle attendait son bus - par le conducteur d'un véhicule cagoulé et armé d'un couteau. L'homme, menaçant de lui trancher la gorge, lui ordonne de monter dans sa voiture. 

"Après l’avoir conduite sur un chemin communal, il lui imposait une fellation dans le véhicule, sous la menace du couteau, après avoir baissé son pantalon. Il procédait ensuite à des attouchements, avant de la libérer. Elle s’enfuyait et prévenait les secours", complète le vice-procureur de la République.

Identifié, l'auteur des faits est placé en garde à vue le 13 janvier 2026. Après avoir contesté les faits lors d'une première audition, il finit par reconnaître l'ensemble des six agressions, "confronté aux éléments recueillis lors de l’enquête, notamment son ADN recueilli lors des opérations de police technique le 31 janvier 2025".

Présenté à un juge en vue d'une mise en examen

Dans son communiqué, le parquet indique que "les cinq faits les plus récents sont qualifiés en tentatives d’enlèvement alors que les faits criminels du 31 janvier 2025 sont qualifiés en enlèvement, séquestration pour faciliter un crime, agression sexuelle avec arme, et viol avec arme". 

Habitant à Nersac, le mis en cause de 45 ans est donc policier au commissariat d'Angoulême où il travaille en tant que formateur technique de sécurité et d’intervention. Le parquet précise qu'il n'est pas en charge d'enquêtes mais "a néanmoins accès aux armes dans le cadre de ses fonctions s’agissant des entraînements de tir des policiers".

À l'issue de sa garde à vue, le policier a été présenté au parquet d'Angoulême, ce jeudi après-midi, en vue de l'ouverture d’une information judiciaire. Une demande de détention provisoire a été requise.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée